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Réseaux sociaux : une nouvelle technologie pour faire respecter la limitation d'âge
Les réseaux sociaux sont omniprésents et chaque jour, des millions d’enfants y passent des heures, alors qu’ils sont souvent trop jeunes pour en comprendre les dangers. Pour répondre à ce problème, jusqu’à présent, les plateformes se contentent de demander l’âge des utilisateurs, un système très facile à contourner. Mais aujourd’hui, un réseau social pourrait enfin changer la donne avec le déploiement d’une nouvelle technologie en Europe.
Aujourd'hui, être un adolescent, c'est aussi grandir avec un smartphone dans la poche et des réseaux sociaux à portée de main. Instagram, TikTok, Snapchat... Ces plateformes font partie du quotidien de millions de jeunes, parfois, dès l’école primaire. Le problème, c'est que cette présence massive ne se fait pas sans conséquences. Depuis plusieurs années, les alertes se multiplient : parents, enseignants, médecins, associations... Tous pointent les mêmes inquiétudes : les réseaux sociaux exposent les plus jeunes à de réels risques comme le cyberharcèlement ou encore l'exposition à des contenus violents ou inadaptés à leur âge.
Il ne s'agit pas pour autant de désigner ces plateformes comme le « mal absolu ». En France, Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) reconnaît que les réseaux sociaux peuvent aussi avoir des effets positifs : ils permettent de créer, de s'informer, de maintenir des liens. Toutefois, chez les mineurs, le cadre reste fragile. L'agence souligne que certains usages peuvent présenter des risques pour la santé mentale des adolescents. Dans des situations extrêmes, cette pression constante en ligne a été associée à des drames.
Les effets nocifs des reseaux sociaux chez les jeunes © Halfpoint, Shutterstock
Plusieurs affaires ont marqué l'opinion. Au Royaume-Uni, Molly Russell, 14 ans, avait été exposée à de nombreux contenus anxiogènes et dépressifs avant de se suicider. En France, Evaëlle, 11 ans, s'est donné la mort après un harcèlement prolongé, en partie en ligne. Aux États-Unis, l'affaire Tyler Clementi, 18 ans, a illustré les conséquences dramatiques de l'humiliation sur internet. Ces tragédies ne signifient pas que les réseaux sociaux sont l'unique cause du mal-être adolescent, mais elles rappellent qu'une exposition mal encadrée peut, chez les plus jeunes, avoir des conséquences irréversibles.
Depuis quelques années, plusieurs États tentent de limiter ou d'encadrer l’accès des plus jeunes aux réseaux sociaux. En Australie, par exemple, l'inscription est interdite aux moins de 16 ans. En France, l’âge de référence est fixé à 15 ans : en dessous, l'accord parental est requis. Au Royaume-Uni, des affaires très médiatisées ont conduit les autorités à exiger des protections renforcées, avec des contrôles d'âge plus stricts et des limitations de certains contenus, sous peine de lourdes amendes. L'idée paraît simple : empêcher les enfants d'accéder trop tôt à des espaces qui ne sont pas conçus pour eux.
Des lois misent en place pour protéger les mineurs des réseaux sociaux © Roman Motizov - Adobe Stock
Mais en pratique, la mise en œuvre est complexe. Les législations varient d'un pays à l'autre et surtout, la vérification de l'âge pose un dilemme majeur : comment s'assurer qu'un utilisateur est bien majeur ou mineur sans porter atteinte à sa vie privée ? Aujourd'hui, il suffit souvent d'indiquer une date de naissance pour créer un compte, un contrôle facile à contourner. Carte d'identité, reconnaissance faciale, applications tierces de vérification... Chaque solution soulève de nouvelles questions en matière de protection des données, de sécurité et de surveillance.
Dans ce contexte, les plateformes cherchent de nouvelles approches. En Europe, la protection des mineurs est devenue un enjeu prioritaire, notamment avec l'entrée en vigueur du Digital Services Act, qui impose des obligations renforcées aux grandes plateformes numériques. C'est dans ce cadre que TikTok a annoncé le déploiement, en Europe, d'une tech