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Actualité : Suivre n'importe quel train en direct comme un avion : le site qui fait le buzz en France a un problème
TrainTracker24 promet de suivre les trains comme Flightradar24 suit les avions. Sauf qu'en France, la position GPS des rames n'est pas rendue publique, et un site gratuit propose déjà le même service.
© TrainTracker24 - L'interface de TrainTracker24, avec ses centaines de trains affichés sur le réseau français. Les positions sont estimées à partir des horaires et des retards en gare, pas à partir de données GPS.
Suivre son TGV sur une carte comme on piste un vol Paris-Tokyo sur Flightradar24. L'idée fait fantasmer les passionnés de rail depuis des années. TrainTracker24, ouvert au public le 26 août 2026, promet exactement cela, avec une couverture France, Belgique et Espagne. Le site a immédiatement généré un afflux massif d'intérêt sur les réseaux sociaux. Mais un thread publié le 27 août par le compte ferroviaire BB27000, vu plus de 164 000 fois en quelques heures, a sérieusement douché l'enthousiasme.
1/ Il y a actuellement une petite polémique avec le site @traintracker24_ .Ce site propose de suivre les train en temps réel sur une carte.C’est dans l’idée du fameux site, très populaire, qui suit les avions dans le monde entier via leurs GPS embarqué. #FlightRadarhttps://t.co/TuJyKOe45i
Le reproche est technique, et il est documenté. Contrairement à l'aviation, où les avions diffusent leur position via le protocole ADS-B, le ferroviaire français ne dispose d'aucun équivalent public. La SNCF partage en open data les horaires, les retards en gare et les informations d'infrastructure, mais la géolocalisation des rames reste absente du périmètre. La raison tient autant à des contraintes techniques qu'opérationnelles : le programme de recherche TECH4RAIL, lancé en 2017 par la SNCF, visait à développer un système de géolocalisation ferroviaire fiable par satellite, capable de fonctionner en tunnel et d'atteindre le niveau de fiabilité requis pour la sécurité des passagers.
TrainTracker24 ne prétend d'ailleurs pas le contraire. Le positionnement repose sur une extrapolation : horaires théoriques, retards déclarés en gare, profils de vitesse estimés. Selon BB27000, seuls les trains espagnols bénéficient d'un suivi GPS réel.
Tant que les trains ne seront pas suivis en direct, aucun site ne fera une réelle plus-value. Et vous pouvez attendre un moment : si ces données ne sont pas ouvertes, c'est pour des questions de sécurité nationale.
La SNCF n'a jamais confirmé publiquement cette explication, mais le contexte la rend plausible : les sabotages coordonnés qui ont paralysé le réseau TGV le matin du 26 juillet 2024, quelques heures avant la cérémonie d'ouverture des JO de Paris, ont rappelé la vulnérabilité de l'infrastructure ferroviaire.
Au-delà de la promesse technique, c'est le modèle économique qui crispe certains. TrainTracker24 propose des abonnements payants pour des fonctions avancées. Or le site Cartotchoo, développé par Nicolas Wurtz, professionnel du ferroviaire, propose un fonctionnement rigoureusement identique, fondé sur les mêmes données publiques, en accès totalement gratuit. Cartotchoo pousse d'ailleurs l'exploration plus loin, avec tunnels, passages à niveau, électrification et cartes de chaleur des retards.
TrainTracker24 propose quatre formules, de 0 à 39,99 euros par mois. Le forfait gratuit donne accès à la carte principale et à l'historique des trajets.