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Windows sur Arm : Microsoft dit que c’est prêt, les tests de jeux disent l’inverse
Le message de Microsoft tient dans un chiffre : plus de 7 000 applications et jeux tournent désormais sur Windows Arm. Photoshop, Blender, Spotify, VLC ou DaVinci Resolve figurent dans le lot. Le souci, c’est qu’on a déjà entendu cette promesse. En 2019, la Surface Pro X annonçait la même maturité, alors qu’elle ne savait même pas lancer Chrome nativement à sa sortie.
La Surface RT de 2012 avait pourtant coûté près d’un milliard de dollars de dépréciation à Microsoft l’année suivante. Depuis, la firme jure que la compatibilité est réglée. Son arme s’appelle Prism, la couche d’émulation qui fait tourner les applications x86 non recompilées. Elle a progressé, mais elle consomme plus et va moins vite que du natif, ce qui grignote l’autonomie, seul vrai atout de l’Arm. Les 7 000 apps restent d’ailleurs une goutte d’eau face au catalogue Windows classique, et Windows Latest constate que des logiciels courants coincent toujours. Les machines arrivent cet automne chez Microsoft, Asus, Dell, HP, Lenovo et MSI, propulsées par les puces Qualcomm, dont le récent Snapdragon X2.
C’est sur les jeux que le vernis craque. En 2024, le cabinet Omdia a testé environ 1 300 jeux sur des Copilot+ PC Arm : la moitié seulement tournait correctement. Le principal blocage vient de l’anti-triche. League of Legends, Fortnite, Apex Legends, Destiny 2 ou PUBG refusaient de se lancer, leurs modules anti-cheat étant incompatibles avec l’architecture Arm.
Depuis, ça bouge vraiment. Un testeur a passé 200 jeux au crible sur une Surface Pro 11 pendant quinze mois : Hades, Resident Evil 7, Halo CE ou Fortnite tournent bien aujourd’hui. Fortnite est redevenu jouable grâce au support Easy Anti-Cheat, et une mise à jour de Prism en décembre a ajouté les instructions AVX, indispensables à certains titres. L’émulation reste toutefois derrière le Proton de Valve, la référence du genre sur Steam Deck et Steam Machine. Alors, GTA 6 sur un PC Arm ? Pour un ultraportable sans vraie carte graphique, mieux vaut ne pas y compter tout de suite.
Qualcomm, lui, met en avant de gros gains côté jeu et jure que 90 % des grands titres Windows tournent sur ses Snapdragon X2. Il assure aussi que l’incompatibilité des applications serait « de l’histoire ancienne ». La formule, déjà entendue chez Qualcomm, ressemble trait pour trait à ses promesses de 2019.
La vraie nouveauté de 2026, c’est Nvidia. Le fondeur est entré dans l’écosystème avec sa puce RTX Spark, annoncée en mai dernier et développée main dans la main avec Microsoft. Elle équipe le Surface Laptop Ultra : architecture Blackwell, jusqu’à 128 Go de mémoire unifiée, la machine Windows Arm la plus puissante jamais produite. Un poids lourd du GPU peut enfin réussir là où les autres ont calé, en motivant les développeurs à publier des versions natives.
Le prix, lui, ramène sur terre. Les PC portables en puce N1x démarreraient autour de 3 000 euros, les modèles N1 vers 2 000 euros, et Microsoft n’a pas encore officialisé de tarif.
Windows Arm vise donc d’abord ceux qui veulent une grosse autonomie pour la bureautique, le web et la création. Les joueurs, eux, ont encore de bonnes raisons de garder un PC Intel ou AMD.
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