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Dès leur lancement à Austin, les Cybercabs de Tesla font l’objet d’une enquête aux États-Unis
La NHTSA, le régulateur fédéral américain de la sécurité routière, examine déjà le processus de Tesla pour certifier son robotaxi Cybercab, un modèle biplace dépourvu de volant, de pédales et de rétroviseurs. L’entreprise a mis ce véhicule en service commercial jeudi à Austin, sans avoir demandé de dérogation aux règles fédérales encore en vigueur.
On ne sait jamais, sur un malentendu, ça peut marcher, comme disait l’autre. D’ailleurs, aux États-Unis, un constructeur automobile n’a pas besoin d’une autorisation préalable pour mettre un véhicule sur le marché. Il certifie lui-même que sa production respecte les normes fédérales de sécurité, avant de répondre aux questions du régulateur en cas de doute.
Et c’est le cas ici, nous apprend Reuters. L’agence fédérale a ouvert ce dossier deux jours seulement après le lancement commercial du Cybercab, jeudi à Austin. Selon les registres de l’État du Texas, 420 véhicules autonomes de Tesla, dont 45 Cybercab, étaient immatriculés vendredi matin. L’enquête concerne un maximum de 1 000 exemplaires de ce modèle, que Tesla prévoit de déployer progressivement dans d’autres villes.
L’agence cherche à savoir sur quelle base Tesla a considéré que certaines normes fédérales de sécurité, conçues à l’origine pour des véhicules pilotés par un humain, ne s’appliquaient pas au Cybercab. Le biplace doré ne dispose ni de volant, ni de pédale de frein, ni de pédale d’accélérateur, ni de rétroviseurs, a indiqué la NHTSA dans son communiqué. Même si ce type de véhicule est encadré. La NHTSA est en effet habilitée à délivrer une autorisation de circuler sans commandes humaines pour un maximum de 2 500 véhicules par constructeur et par an. Zoox, la filiale robotaxi d’Amazon, en a obtenu une fin juillet, après avoir déposé une demande formelle en ce sens.
Mais selon le régulateur, Tesla n’a soumis aucune demande d’exemption avant l’ouverture de l’enquête. En juin 2025, il avait réclamé des informations à Tesla après la diffusion sur les réseaux sociaux de vidéos montrant des excès de vitesse et des changements de voie dangereux commis par les Model Y, le SUV que Tesla utilisait alors pour son service de robotaxi. Le service Model Y, actif depuis juin 2025 et antérieur au Cybercab, affiche pourtant un bilan plus rassurant. Selon les rapports fédéraux, 17 incidents mineurs, sans accident grave, ont marqué son fonctionnement entre juillet 2025 et mars 2026.
Les choses se sont gâtées lorsque des téléopérateurs ont pris le contrôle à distance pour sortir le véhicule d’une situation complexe. Le Cybercab n’embarque ni moniteur de sécurité ni volant de secours pour reproduire cette intervention à bord. Tesla n'a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.
À Austin, l’application Tesla propose désormais de choisir entre un Cybercab, limité à deux passagers, et un Model Y robotaxi. Ce dernier accueille jusqu’à quatre personnes. Sawyer Merritt, adepte de la marque et influenceur sur les réseaux sociaux, a indiqué vendredi matin qu’une course en Cybercab lui avait coûté 9,65 dollars (environ 8,30 euros). Ce trajet lui aurait coûté 16,99 dollars (environ 14,60 euros) en Model Y robotaxi, contre 21 dollars (environ 18 euros), pourboire compris, en Uber.
Ce tarif est près de deux fois inférieur à celui d’Uber, alors que la flotte de Cybercab est encore réduite. Elle regroupe pour l’instant 45 véhicules, sur un total de 1 000 exemplaires que la NHTSA examine désormais. Le prix de vente envisagé pour les futures versions grand public est inférieur à 25 000 dollars (environ 21 500 euros), une promesse que Tesla répète depuis plusieurs années sans l’avoir tenue. Sur son compte X, jeudi, Elon Musk a déclaré que le Cybercab était « tout simplement un salon confortable sur roues avec une super télé et un son formidable ». On n’est jamais mieux servi que par soi-même.