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Séisme chez Volkswagen : 100 000 emplois menacés et un modèle sur deux va disparaître
Le groupe allemand vient d’entériner la plus vaste restructuration de son histoire. Un choc industriel qui menace ses usines et ses fournisseurs européens, au lendemain de la victoire historique de l’extrême droite en Saxe-Anhalt.
Un genou à terre ? Le géant automobile VW prévoit désormais la suppression d’environ 100 000 postes au total, tandis que son catalogue de modèles doit fondre de moitié. Validé à l’unanimité par le conseil de surveillance, ce « Future Plan 2030 » révèle l’ampleur de la crise traversée par l’industrie allemande, prise en étau entre la concurrence chinoise, les droits de douane américains et la demande européenne atone.
Aux 50 000 suppressions de postes déjà engagées chez Volkswagen, Audi, Porsche et Cariad doivent s’ajouter environ 50 000 nouvelles réductions d’effectifs dans le monde, cadres compris. Le groupe, qui emploie près de 650 000 personnes, perdrait ainsi environ 15% de ses effectifs. La répartition et le calendrier précis de cette seconde vague de licenciements restent toutefois à négocier.
La cure touchera aussi la production de voitures. Volkswagen veut réduire son portefeuille de modèles de 50% et le nombre de variantes proposées de 75% d’ici à 2035. Aucun nom n’a encore été sacrifié, mais les véhicules les moins rentables et les doublons entre marques paraissent naturellement exposés. L’objectif consiste à produire davantage d’exemplaires de chaque modèle, sur moins de plateformes, afin de réduire les coûts.
Le diagnostic est brutal. Les usines européennes du groupe disposent d’une capacité supérieure de plus de 500 000 véhicules à la demande actuelle. Emden, Zwickau, Hanovre et le site Audi de Neckarsulm pourraient ainsi se retrouver sans modèle à assembler entre 2031 et 2034. Leur fermeture n’est pas encore actée, Volkswagen étudiant des activités de remplacement.
Cette restructuration ne frappera pas seulement Wolfsburg. Moins de voitures et de plateformes signifient aussi moins de programmes à partager entre les équipementiers, les bureaux d’études et les sites implantés dans toute l’Union européenne. Deux tiers des fournisseurs allemands interrogés par la fédération VDA envisageaient déjà de reporter, délocaliser ou annuler leurs investissements en Allemagne.
Le plan prend une résonance politique particulière au lendemain de la victoire historique de l’AfD en Saxe-Anhalt, même si le parti n’est pas assuré d’y gouverner. Aucun des quatre sites dont l’avenir est incertain ne se trouve dans ce Land, mais cette restructuration alimente un malaise industriel qui touche toute l’Allemagne et l’Europe.