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Accusé de 117 viols et agressions sexuelles, un gynécologue sera jugé en 2027
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Pendant deux décennies, le Dr Tran a exercé comme gynécologue dans le Val-d’Oise. 130 patientes ont porté plainte pour viol ou agression sexuelle. Après 12 ans de procédure, le praticien retraité sera jugé en 2027 pour 117 faits présumés.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Pendant 20 ans, il a exercé comme gynécologue dans un cabinet du Val-d'Oise. Derrière les murs, les gestes du Dr Tran auraient largement dépassé la pratique médicale. 130 patientes ont porté plainte pour viol et agression sexuelle, la plus grave affaire connue à ce jour impliquant un gynécologue.
Une mère de famille s'est rendue au cabinet. C'était en 2005. Parce que ce jour-là, son gynécologue habituel est absent. C'est le docteur Tran qui la reçoit. Elle se souvient d'un examen anormalement long : "La manière dont il m'a fait le toucher, c'était horrible. C'était horrible. Quand il s'est collé à moi, je sentais son sexe en érection. Il était collé avec ses doigts à l'intérieur. Et en même temps, il a l'autre main qui caresse la fesse, la cuisse, comme ça qu'il fait le va-et-vient. J'ai prétexté avoir mal pour qu'il me libère." Le traumatisme est tel qu'elle ne portera plainte que huit ans plus tard. Elle ajoute : "J'ai une grosse prise en charge psychologique. Je vois un psychiatre tous les mois, je vois une psychologue toutes les semaines et je pense que j'en ai encore pour quelques années."
Parmi les 130 plaignantes, toutes livrent des faits similaires, survenus entre les années 90 et 2014. Ces femmes auraient-elles pu être écoutées plus tôt ? Les déviances du praticien semblaient connues. Au début des années 2000 déjà, plusieurs généralistes de la région recueillent le malaise de certaines d'entre elles. C'est ce que confirme un rapport des enquêteurs que nous avons pu consulter. Il y est écrit : "Madame X, médecin généraliste, déclarait avoir entendu parler du Dr Tran par plusieurs patientes. Celles-ci étaient mal à l'aise et lui paraissaient traumatisées par les consultations avec ce gynécologue."
À l'époque, plusieurs plaintes et signalements à l'ordre des médecins sont classés sans suite. Ce n'est qu'en 2013 qu'une nouvelle plainte est cette fois prise au sérieux. Des rapprochements sont faits, l'ensemble de la patientèle du gynécologue est entendu. Après 12 ans de procédure judiciaire, la tenue d'un procès est actée. Un délai insoutenable pour Me Blandine Heurton, avocate de plusieurs victimes : "De tels faits commis par un médecin, c'est quelque chose de tellement inacceptable et de tellement inimaginable que peut-être la justice n'a juste pas voulu voir, et que les victimes ont souffert de cela. Leur parole n'a pas été prise en compte, probablement en partie pour cela."
De son côté, le médecin, désormais retraité, n'a cessé de contester les accusations, les plaignantes ayant, selon lui, une méconnaissance des gestes gynécologiques. "Il regrette qu'elles aient mal interprété. Il dit toujours la même chose : "Moi, j'ai fait mon travail, toujours de la même manière, de façon très calme, de façon très douce, et c'est tout"", déclare Me Jean Chevais, avocat du gynécologue retraité.
Âgé de 75 ans, il sera jugé en 2027, soit 14 ans après la première plainte. Il devra répondre de 92 cas de viols et 25 cas d'agressions sexuelles. Pour accueillir les victimes, le tribunal de Pontoise devra réaliser des travaux d'extension. Le docteur Tran est à ce jour présumé innocent.
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