// FRANDROID — MOBILE & WEB
Les autorités forcent le déverrouillage d’un smartphone par reconnaissance faciale à l’aéroport, la justice les recadre
Le 24 août, Antoine (ce n’est pas son vrai prénom) arrive à l’aéroport Félix Eboué de Cayenne, en Guyane. Il vient prendre un vol vers Paris. Selon les mesures prévues par le dispositif « 100 % contrôle », mis en place par le préfet de Guyane, il s’attend à être questionné et à ce que l’on fouille ses bagages.
Le processus concerne en théorie tous les passagers en partance vers la métropole, sans distinction. Il vise à repérer les mules, ces personnes qui transportent de la drogue dans l’Hexagone.
En place à Cayenne depuis octobre 2022, il a donné lieu à environ 9 000 arrêtés d’interdiction d’embarquer en 2023, puis quelque 4 500 en 2024, selon le sous-préfet Jérôme Millet. Sur toute cette période, à peine 36 recours ont été déposés devant la justice, et la plupart ont été rejetés.
Sauf qu’au lieu d’une formalité, le contrôle se transforme ici en cauchemar. Antoine est frappé d’une interdiction d’embarquer de 5 jours sur la base des résultats d’un test urinaire, auquel il a dû se soumettre.
Mais ce n’est pas terminé. Les forces de police aux frontières saisissent également le smartphone du jeune homme. Ce dernier raconte que des agents l’ont alors immobilisé physiquement afin que son visage puisse servir à déverrouiller l’appareil par reconnaissance faciale. Sans son consentement donc.
Protégez votre vie numérique et vos appareils contre les virus, arnaques, ransomwares et menaces en ligne avec Bitdefender, primé pour sa protection et compatible avec Windows, Mac, Android et iOS.
Antoine explique aussi avoir enregistré ses échanges avec les agents, sans qu’ils le sachent. Mais ils s’en seraient rendu compte et, ayant désormais accès au mobile, auraient effacé tous les enregistrements. À l’exception d’un seul qu’ils auraient manqué.
Une fois ce contrôle visiblement musclé terminé, l’étudiant saisit le tribunal administratif de la Guyane en urgence, via une procédure appelée référé-liberté. La juge des référés a alors 48 heures maximum pour rendre une décision. Pendant l’audience, le plaignant avance un autre argument que le récit du déverrouillage forcé de son smartphone.
Il dit ne jamais avoir eu accès au test urinaire, dont il conteste les résultats. Et ce malgré une demande auprès des agents. Les autorités répondent que cette demande n’est pas manuscrite, ce qui la rend caduque. Mais comme le rappellent nos confrères de Clubic, un arrêté de 2018 permet d’utiliser le service en ligne Télérecours Citoyens pour « déposer une requête de façon dématérialisée » et légalement recevable.
À lire aussi :
App Lock : Android va enfin vous permettre de bloquer l’accès à certaines applications