// FUTURA SCIENCES — SPAZIO & SCIENZA
Décaler ses repas le week-end : une étude française met en évidence un risque inattendu pour le cœur
Les maladies cardiovasculaires sont souvent perçues comme un problème de la cinquantaine. Pourtant, de nouvelles données suggèrent qu’un tournant décisif se joue bien plus tôt chez les hommes.... Lire la suite
Il serait possible de réduire votre risque de démence en réduisant la période de prise des repas sur une journée, selon des experts en nutrition de l’American Society for Nutrition.... Lire la suite
On sait que le contenu de notre assiette compte pour la santé du cœur. Mais une autre habitude, particulièrement courante le week-end, pourrait également peser dans la balance.
Les maladies cardiovasculaires ont provoqué environ 19,8 millions de décès dans le monde en 2022, soit près d'un décès sur trois, selon l’Organisation mondiale de la santé. Le tabac, la sédentarité ou encore l'alimentation font partie des facteurs de risque bien connus. Mais faut-il également surveiller l'heure à laquelle nous passons à table ? Une étude française publiée dans Communications Medicine suggère que notre cœur pourrait apprécier non seulement des repas équilibrés, mais aussi une certaine régularité.
Réveil tardif, brunch à la place du petit-déjeuner, apéritif prolongé... Le week-end, notre emploi du temps alimentaire se décale facilement. Les chercheurs parlent de « jetlag alimentaire » pour désigner la différence entre les horaires des repas des jours travaillés et ceux des jours de repos.
Afin d'en étudier les conséquences, une équipe réunissant notamment des scientifiques de l'INRAE et de l'Inserm a analysé les données de 104 806 adultes participant à la cohorte NutriNet-Santé, suivis entre 2009 et 2023. Les horaires de leur première et de leur dernière prise alimentaire ont permis de comparer leur fenêtre alimentaire en semaine et le week-end.
Chez les hommes, chaque heure supplémentaire de décalage était associée à une augmentation moyenne de 14 % du risque de maladie cardiovasculaire et de 21 % du risque de maladie coronarienne. Fait intéressant : le risque semblait augmenter que les repas soient avancés ou retardés pendant les jours de repos. C'est donc moins la grasse matinée du dimanche qui serait en cause que le changement de rythme lui-même.
Aucune association significative n'a été observée chez les femmes. Les scientifiques évoquent plusieurs explications possibles, allant de différences physiologiques à une exposition différente au travail de nuit ou aux horaires décalés. Ils reconnaissent aussi qu'un effectif encore plus important aurait peut-être été nécessaire pour mettre en évidence un effet chez les participantes.
« Nous avions suggéré il y a quelques années que des prises alimentaires tardives étaient associées à une augmentation du risque de maladies cardiovasculaires. Cette nouvelle étude suggère qu'au-delà des prises tardives, la régularité des rythmes alimentaires entre les jours de semaine et le week-end paraît tout aussi importante », précise Bernard Srour, directeur de recherche INRAE.
Les maladies cardiovasculaires sont souvent perçues comme un problème de la cinquantaine. Pourtant, de nouvelles données suggèrent qu’un tournant décisif se joue bien plus tôt chez les hommes.... Lire la suite