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"Nous considérons qu'il faudrait aujourd'hui, pour résorber le stock de procédures, environ 2 000 officiers de police judiciaire formés maintenant, tout de suite en plus", alerte Loïc Travers, secrétaire général adjoint du Syndicat Alliance
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Jérôme Cathala
Invité de la matinale de Franceinfo, Loïc Travers, secrétaire général adjoint du Syndicat Alliance, est revenu sur la mobilisation des policiers et leurs revendications concernant les moyens accordés à la police. Il a notamment évoqué les recrutements, la surcharge de travail, les conditions salariales et la prime de risque.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
France Télévisions : Je vais citer cette phrase : "La reconnaissance ne se décrète pas dans un discours, mais dans nos salaires, dans nos carrières, dans nos conditions de travail." Notre question du jour est la suivante : faut-il donner plus de moyens à la police ? Vous vous attendez à une forte mobilisation, vous sentez une colère forte dans vos rangs ?
Loïc Travers : Oui, on s'attend à une belle mobilisation aujourd'hui. Tout simplement parce que les collègues vont venir de toute la France, notamment de la province, et ils sont extrêmement nombreux. Ce sont plusieurs dizaines de bus qui sont actuellement en train de converger pour le rassemblement qui se déroulera à 11h30. Ça va être une bonne façon, effectivement, d'établir ce rapport de force, puisque, aujourd'hui, il n'y a plus que ça, malheureusement. On n'a pas le droit de grève. Vous le savez, les policiers actifs n'ont pas le droit de grève. Donc, la seule façon, c'est le pouvoir de la rue, c'est le pouvoir d'être nombreux pour se faire entendre. Ça fait déjà presque deux ans qu'on alerte et, à chaque fois, on se mobilise en fin d'année, début d'année suivante, par rapport au budget qui est en cours de négociation. Et là, on voit bien que ce n'est pas du tout à la hauteur. On a eu un rendez-vous avec M. Nunez le 4 septembre. C'est un rendez-vous clairement raté, où on n'a pas du tout compris ce qui était programmé. Vous le savez, les policiers avancent avec ce qu'on appelle des lois d'orientation et de programmation du ministère de l'Intérieur. Il y en a une qui a été commencée en 2022 sous l'ère de Darmanin. Elle est simplement en train de se prolonger. Elle prend fin en 2027. Et, en fait, on a juste ce qui était prévu depuis 2022. Rien de plus. Et ça, ce n'est pas tolérable.
France Télévisions : Oui, il y a quand même des fonds en plus qui sont prévus dans le budget 2027.
Claire Sergent : Du côté du ministère de l'Intérieur, on dit qu'il y a 270 millions d'euros qui sont mis sur la table, près de 1 000 recrutements, 970 précisément, dont 700 pour la filière investigation, et puis aussi des revalorisations de certaines indemnités et de nouvelles primes pour la filière investigation qui sont prévues. En tout cas, c'est ce que rappelle le ministère de l'Intérieur.
France Télévisions : Ce n'est pas assez pour vous, ça ?
Loïc Travers : C'est clairement insuffisant quand, aujourd'hui, effectivement, on a 900 et quelques collègues, dont 700 sont destinés à l'investigation. Nous considérons qu'il faudrait aujourd'hui, pour résorber le stock de procédures, environ 2 000 officiers de police judiciaire formés maintenant, tout de suite. Ce qui est donc impossible. Donc, ça veut dire qu'on est complètement à côté de la plaque avec ce chiffre qui est annoncé.