// FRANCEINFO FAITS DIVERS — CRONACA
Rapt de la petite Mia, coup d'État… L'ultra-droite devant les juges
Pour sauvegarder cet article, connectez-vous ou créez un compte franceinfo
Cinq ans après l’enlèvement de la petite Mia, le procès de Rémy Daillet et de 14 autres prévenus s’est ouvert mardi 15 septembre à Paris. La fillette de 8 ans avait été enlevée chez sa grand-mère puis retrouvée en Suisse. Rémy Daillet est accusé d’avoir organisé ce rapt, mais aussi d’avoir préparé avec son réseau complotiste des actions contre les institutions, jusqu’à envisager un coup d’État.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Une mère est accusée d’avoir participé à l’enlèvement de sa propre fille. C’était au printemps 2021. Mia, 8 ans, disparaît alors pendant 5 jours. Le kidnapping aurait été orchestré à la demande de sa mère par un groupuscule d’une dizaine de personnes, toutes nourries aux théories complotistes et aux idées d’extrême droite. Parmi elles, un ancien militaire, un agent immobilier, un assistant administratif et un homme sans emploi.
Cerveau présumé de cette petite entreprise : Rémy Daillet, un influenceur conspirationniste qui promettait de renverser le pouvoir en place. Rémy Daillet, 60 ans, aurait orchestré à distance depuis la Malaisie le rapt de Mia, alors placée chez sa grand-mère en raison de carences éducatives.
Une équipe de Complément d’enquête avait interrogé le suspect quelques jours après que la fillette a été retrouvée saine et sauve dans une maison en Suisse. "Comment vous retrouvez-vous impliqué dans l’enlèvement de Mia ?", demande le journaliste de Complément d’enquête. "Dans la restitution de l’enfant, vous voulez dire, parce qu’il n’y a pas d’enlèvement à proprement parler. Au contraire, puisque je rends un enfant, ce n’est pas moi qui le rends, des hommes rendent un enfant à sa maman, à sa demande", répondait Rémy Daillet.
Extradé vers la France quelques jours après l’interview, il conteste par la voix de son avocat être la tête pensante du groupuscule. "Ce n’est pas un cerveau, ce n’est pas un gourou, il n’est pas au sommet d’une structure pyramidale, tout ça, ce sont des idées, tout ça, ce sont des fantasmes et je suis persuadé que l’audience le démontrera", commente Me Dylan Slama, avocat de Rémy Daillet.
La grand-mère de Mia, qui conserve la garde de sa petite-fille, n’a, elle, pas eu la force de se présenter à l’audience. "Les faits sont ravivés de façon douloureuse aujourd’hui, donc je la représenterai. J’essaierai d’expliquer effectivement ce qui a été pour elle ces faits extrêmement dramatiques", fait savoir Me Pascal Knittel, avocat de Corinne Douay.
Plusieurs des prévenus sont également poursuivis pour des projets d’actions terroristes et des attaques visant des personnalités. Le procès est prévu jusqu’au 9 octobre.
Vous pouvez désormais privilégier l'affichage des articles de franceinfo dans les résultats de recherche Google. Comment ça marche ?