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Visas numériques : alors qu'ils sont très pratiques, les compagnies aériennes ont du mal à vérifier leur authenticité
Plus de 100 pays délivrent désormais des eVisas, des visas numériques. Sauf que les compagnies aériennes peinent toujours à vérifier leur authenticité. L'IATA, qui représente les transporteurs du monde entier, propose une solution standardisée.
Un eVisa authentique en poche, mais impossible à vérifier au comptoir d'enregistrement, c'est un peu le casse-tête que rencontrent aujourd'hui les compagnies aériennes. Chaque jour, des milliers de voyageurs se présentent à l'aéroport munis d'un visa entièrement dématérialisé, obtenu en quelques clics chez soi ou ailleurs. Le problème, c'est que côté compagnie aérienne, confirmer que ce document est bien valide relève du parcours du combattant, faute de méthode commune entre les pays. Et une erreur peut coûter cher, en moyenne 9 000 dollars par passager refoulé, ce qui pousse ce mercredi l'IATA, l'association du transport aérien international, à réclamer un vrai standard mondial de vérification.
La simplicité du eVisa n'est en fait qu'apparente. Car s'il est devenu facile d'en obtenir un en ligne, prouver son authenticité à l'aéroport l'est beaucoup moins. Selon les pays, ce sésame numérique peut se présenter sous la forme d'un simple e-mail, d'un PDF ou d'un QR code à scanner. Reste ensuite à en vérifier la validité, et là, tout dépend du pays. Certains proposent une simple recherche sur un site officiel, d'autres exigent une connexion directe à leur base de données gouvernementale, et quelques-uns en sont encore au bon vieux contrôle manuel d'un document imprimé. Il n'existe aucune règle commune d'un pays à l'autre, et on a souvent un agent d'enregistrement sommé de jongler avec autant de procédures différentes qu'il existe de destinations.
Plus de 100 pays délivrent désormais ces visas électroniques. C'est une chance pour les voyageurs, qui règlent tout en deux clics, mais une vraie patate chaude pour les compagnies aériennes, qui sont en première ligne. Car c'est bien à elles, et non aux autorités, que revient la responsabilité de vérifier, avant l'embarquement, que chaque passager détient les bons documents pour entrer sur le territoire visé, escales et transits compris d'ailleurs.
Et en cas d'erreur, la facture peut être très élevée. Si un passager embarque sans les bons documents, c'est la compagnie aérienne qui trinque à l'arrivée, car le pays de destination peut lui infliger une amende, et parfois même lui facturer le rapatriement du voyageur refusé à la frontière. Au total, la note grimpe en moyenne à 9 000 dollars par passager mal renseigné. On comprend donc pourquoi les équipes au comptoir redoutent particulièrement ces contrôles, surtout lorsqu'un même trajet cumule plusieurs escales, chacune avec ses propres exigences de visa à vérifier. C'est comme un jeu de piste administratif, mais sans le droit à l'erreur.
L'IATA mise sur deux outils complémentaires. Son groupe de travail sur les autorités de contrôle a publié un guide de bonnes pratiques, « Non-Physical Authorizations to Travel », qui s'appuie sur les travaux déjà menés par l'OACI, qui coordonne les normes et les politiques de l'aviation civile mondiale. Le premier outil, baptisé iAPI (interactive Advance Passenger Information), permet à la compagnie d'envoyer les données du passager au gouvernement de destination dès l'enregistrement, et d'obtenir une réponse instantanée sur la conformité de son visa. Les compagnies aériennes elles-mêmes rapportent des taux de conformité documentaire jusqu'à 20 fois plus élevés dans les pays équipés d'un iAPI complet, comparés à ceux qui s'en remettent encore aux vérifications manuelles.
Le second outil, le DTA (Digital Travel Authorization), équivaut à une « autorisation numérique de voyager ». Concrètement, il s'agit d'un document électronique avec signature numérique (comme un certificat infalsifiable) qui atteste qu'un visa a bien été délivré, avec toujours la même présentation quel que soit le pays émetteur. On met fin aux formats disparates, puisque chaque gouvernement af