// CLUBIC — INTELLIGENZA ARTIFICIALE
[@fuck.it] : la messagerie pour ceux qui se foutent de tout, même du prix
[@fuck.it] est un service de messagerie payant et sur invitation, lancé en septembre 2025 par la société new-yorkaise Paradise Circus Inc. Le nom fait sourire, l'adresse fait tiquer, mais derrière, nous retrouvons une vraie infrastructure signée Open-Xchange, avec un chiffrement PGP optionnel via OX Guard. Mais, la provocation en vaut-elle vraiment le coup/coût ?
Oui, donner une adresse en @fuck.it à son comptable ou la mettre sur son CV demande un minimum de sang-froid. Mais derrière la provocation du nom de domaine, le service vise les gens qui se fichent pas mal des conventions. Mis à part, peut-être, la confidentialité de leurs échanges.
[@fuck.it] est né en septembre 2025 à New York, sous la houlette de Gerwin Beran. Le service ne s'adresse pas à tout le monde : exit jean.dupont1987@gmail.com, place aux artistes, aux entrepreneurs et aux esprits libres qui veulent qu'on se souvienne de leur adresse. Bon, on l'aura bien compris, c'est en tout cas le discours marketing du service. Le pari est simple : une adresse en @fuck.it se remarque, se raconte à l'apéro, et fait parfois lever un sourcil en entretien d'embauche.
L'accès reste verrouillé. [@fuck.it] fonctionne sur invitation, avec une première phase plafonnée à 10 000 comptes. Au moment de nos tests, il restait 8 148 adresses disponibles avant le passage en liste d'attente. Le service ajoute aussi une galerie d'art numérique, où des artistes indépendants exposent leurs œuvres, par rotation.
"Il s'agit de reprendre possession d'un espace devenu ennuyeux et trop corporate", résume Gerwin Beran dans le communiqué de lancement. L'humour potache s'arrête net dès qu'on regarde la fiche technique d'un peu plus près, nettement moins portée sur les private jokes.
[@fuck.it] aurait pu être une blague d'étudiants basée sur un simple Roundcube. Mais l'infrastructure est quand même assez sérieuse. Le service ne développe pas sa propre technologie de messagerie. Il s'appuie sur Open-Xchange (OX), une entreprise allemande fondée en 2005 qui équipe des opérateurs télécoms et des hébergeurs, pour des millions de boîtes mail. OX App Suite, la brique logicielle utilisée, repose sur une base open source. Elle peut donc être auditée par des tiers et pas enfermée dans une boîte noire.
Les serveurs sont hébergés en Allemagne, avec une certification ISO 27001, encadrant la sécurité de l'information, et une conformité RGPD. Mais [@fuck.it] étant une entreprise enregistrée aux États-Unis, elle reste donc soumise au Cloud Act. La société annonce une disponibilité de 99,9%, une architecture géo-redondante et un chiffrement TLS des connexions, complété par un chiffrement des données au repos.
Sur le palier d'abonnement Apex, le filtrage antispam et antiphishing s'appuie sur le moteur de Vade Secure, lequel protège par ailleurs 1,4 milliard de boîtes mail. Le système analyse les liens au moment du clic, pour repérer un site de phishing activé après coup. Côté usage, l'interface reste un webmail Open-Xchange classique. Le service est compatible IMAP, POP3 et SMTP pour brancher un client tiers ou récupérer une ancienne boîte Gmail ou Outlook. Bref, de toute évidence, et malgré les apparences du nom de domaine, l'utilisateur, lui, n'en aura pas rien à faire de ses mails.
Mais au-delà de la messagerie, [@fuck.it] se prend donc pour un bureau complet, avec calendrier, carnet d'adresses et gestionnaire de tâches synchronisés sur tous les appareils. Ces trois briques sont incluses dès l'abonnement Core.
À partir de la formule Edge, le service ajoute OX Drive, un espace de stockage en ligne, et une suite bureautique complète avec traitement de texte, tableur et présentation. À l'instar de Google WorkSpace ou Microsoft 365, il est possible de commenter ou de coéditer des documents. On peut donc rédiger un rapport trimestriel depuis une adresse qui commence par une insulte tout en restant sage avec ses collègue.