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"Dans un pur réflexe militaire, je prends mon arme et j'appuie" : au procès de l'assassinat de Federico Martin Aramburu, Loïk Le Priol nie toujours la préméditation
L'ancien militaire, principal accusé, s'est exprimé lundi sur les faits survenus le 19 mars 2022. Il a une nouvelle fois évoqué une situation de légitime défense devant la cour d'assises de Paris.
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Deux semaines après le début du procès, c'est la première fois que Loïk Le Priol s'exprime en longueur sur la mort de Federico Martin Aramburu le 19 mars 2022. Sans surprise, lundi 21 septembre, il nie de nouveau devant la cour d'assises de Paris la préméditation de son geste et plaide encore la légitime défense. "On ne se bat pas avec quelqu'un qu'on veut assassiner. (...) Je sors mon arme au pire moment", martèle l'ancien militaire, accusé d'avoir assassiné l'ancien rugbyman.
Loïk Le Priol, qui encourt la perpétuité, sait que ces arguments peuvent peser dans le verdict. Encore faut-il convaincre les jurés. Dans la salle d'audience, plusieurs anciens coéquipiers biarrots de Federico Martin Aramburu sont présents, comme les ex-internationaux Dimitri Yachvili et Damien Traille.
L'interrogatoire de Loïk Le Priol a longtemps été un monologue. Il décrit l'enchaînement de la nuit, de la bagarre à la terrasse du bar du 6e arrondissement, Le Mabillon, à la mort de l'Argentin, comme "une banalité incroyable qui mène à un drame effroyable". Le militant d'ultradroite répète régulièrement au président qu'il a "tout à fait raison".
Il soigne son langage, mais la tonalité sonne parfois fausse. En cavale, quand il a appris que celui qu'il avait tué était un rugbyman connu, et que Federico Martin Aramburu avait comme lui l'intention d'aller au Stade de France le lendemain pour la rencontre entre la France et l'Angleterre, Loïk Le Priol affirme s'être dit : "On aurait pu se retrouver au match et boire une bière ensemble, c'est fou." Il souligne que cette situation est digne d'une "tragédie grecque".
Comment, alors, cette soirée-là a-t-elle pu virer au drame ? Après un accrochage avec d'autres voisins de la terrasse, Loïk Le Priol rapporte qu'il s'est fait "invectiver" par Federico Martin Aramburu et son ami Shaun Hegarty. Là, sa "blessure narcissique", déjà mentionnée par des experts, se réveille. Surtout devant sa petite amie, Lyson Rochemir, accusée de complicité de tentative d'assassinat dans cette même affaire.
Loïk Le Priol rappelle qu'il va tapoter la joue de Shaun Hegarty. Un geste qu'il qualifie lui-même de "profondément outrageant". "Je participe, clairement, à ce moment-là, à l'escalade", assume-t-il. Son ego en prend encore un coup lorsque Federico Martin Aramburu lui attrape la capuche et le fait tomber. "J'ai vécu ça comme une humiliation."
S'ensuit une bagarre entre les deux rugbymen et les deux amis du GUD, maîtrisée par les vigiles du bar. Federico Martin Aramburu et Shaun Hegarty finiront par s'en aller. "Je marche, je trottine puis je cours, et je ne trouve pas les rugbymen. Je suis essoufflé, j'ai fumé deux paquets de cigarettes pendant la soirée", poursuit Loïk Le Priol.
Pourquoi se lance-t-il, à ce moment précis, à leur recherche ? "Je veux montrer à tout le monde que je n'ai pas peur. Et je veux avoir une explication." Cela relève de "l'ado qui veut montrer qu'il pisse le plus loin", ajoute celui qui se compare à un "petit coq". Mais Loïk Le Priol conteste une nouvelle fois, et contrairement à ce qu'a entendu et rapporté un témoin, avoir dit "Je vais le tuer".