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Actualité : Pesquet et Adenot sur la touche, 2 Italiens iront finalement sur la Lune avec la Nasa
Pas de chèque, pas de Lune. En privilégiant les accords bilatéraux chèrement négociés avec l'Italie et le Japon, la Nasa revoit ses priorités pour le programme Artemis. Une stratégie de « bons deals » qui isole l'ESA et menace de priver Thomas Pesquet et Sophie Adenot de leur billet pour l'histoire.
© Illustration générée sur Banana - Les astronautes italiens ont remporté deux sièges pour la Lune, l'opportunité pour la France semble s'éloigner.
Dans la course au retour sur la Lune, la diplomatie spatiale se fait plus dure. Fidèle à une logique strictement pragmatique, la Nasa a redistribué les cartes du programme Artemis autour d'un mot d'ordre sans ambiguïté : “uniquement de bons deals”. Pour l'Europe spatiale, l'addition est salée. Alors que les arbitrages s'accélèrent pour attribuer les premiers sièges d'atterrissage sur le sol lunaire, l'Italie et le Japon raflent la mise, laissant la France et l'Agence spatiale européenne (ESA) face à leurs faiblesses stratégiques.
Le message de Jared Isaacman est clair : “Je vais vous le dire : nous ne faisons que de bonnes affaires, et nous n'avons pas toujours fait de bonnes affaires. Il y avait un temps où nous essayions de rendre tout le monde heureux. En mettant beaucoup de drapeaux ensemble pour un grand communiqué de presse, et ça a été, parfois, un frein à la mission. Nous ne voulons plus cela”.
Le Japon et la Jaxa ont promis un rover pressurisé pour l'exploration lunaire.
Pour décrocher le droit d'envoyer leurs spationautes fouler la poussière lunaire aux côtés des Américains, Rome et Tokyo n'ont pas hésité à sortir le grand jeu et leur carnet de chèques. 5 milliards de dollars pour le module d'habitation lunaire promis par les Italiens, et plusieurs milliards de dollars également pour le rover pressurisé fourni par les Japonais.
En négociant des accords bilatéraux directs avec Washington et en apportant des contributions matérielles et logistiques décisives pour la base de surface, ces deux nations se sont assurées une place de choix. Résultat : deux astronautes italiens et deux japonais sont désormais idéalement positionnés pour marquer l'histoire et poser le pied sur le satellite naturel de la Terre.
L'atterrisseur Argonaut proposé par l'ESA semble ne plus correspondre aux attentes de la Nasa.
Le patron de la Nasa a pris en exemple, sans le nommer précisément, un partenaire qui avait promis un atterrisseur lunaire pour mi-2030. Beaucoup trop tard par rapport à la course engagée avec la Chine. Si l'ESA et son atterrisseur Argonaut n'ont pas été directement pointés du doigt, il ne fait quasiment aucun doute qu'Isaacman y faisait référence. L'Argonaut arriverait trop tard, et ferait doublon avec ce que les entreprises américaines développent.
Les astronautes français Sophie Adenot et Thomas Pesquet.