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Windows 11 à 25 euros : que valent vraiment ces clés vendues cinq fois moins cher que chez Microsoft ?
Vendues une poignée d’euros alors que Microsoft en réclame un bras, les clés Windows à prix cassés ont tout du bon plan. Sauf qu’une activation réussie ne dit presque rien de ce que vous avez réellement acheté.
145 euros chez Microsoft, parfois cinq ou six fois moins cher ailleurs, pour un résultat a priori strictement identique. Il ne vous aura certainement pas échappé que ces clés à prix cassés se vendent comme des petits pains depuis des années chez des revendeurs ayant pignon sur rue, facture à l’appui, moyens de paiement classiques et livraison en quelques minutes. Une fois Windows activé, le système fonctionne normalement, reçoit ses mises à jour et donne accès aux mêmes fonctionnalités. À première vue, difficile, donc, de comprendre ce qui justifie un tel écart de prix. Alors arnaque, bon plan parfaitement légal ou marché gris dont Microsoft s’accommode bon gré mal gré ?
Derrière l’expression très commode de « clé Windows » se superposent en réalité plusieurs notions : la clé d’activation elle-même, la licence à laquelle elle se rattache, les droits d’utilisation qu’elle accorde et le circuit par lequel elle a été commercialisée. Avant de comprendre pourquoi certaines se négocient 25 euros quand Microsoft en demande 145, il faut donc commencer par le commencement : une clé Windows n’est pas une licence.
La première est un code de 25 caractères utilisé pour activer le système. La seconde vous donne le droit d’utiliser Windows dans le cadre fixé par Microsoft. Pour le dire plus simplement, la clé ouvre la porte ; la licence détermine si vous avez le droit de la franchir et à quelles conditions. Les deux vont généralement de pair, mais pas toujours, si bien qu’une clé peut très bien activer Windows sans que la licence associée soit forcément en règle.
Ce droit d’utilisation dépend alors de la manière dont Windows a été commercialisé. Une licence achetée séparément dans le commerce, dite Retail, peut être transférée sur une autre machine à condition de ne plus être utilisée sur la précédente. Elle accompagne donc son propriétaire lorsqu’il change de PC, ce qui en fait la formule la plus souple, mais aussi celle que Microsoft facture au prix fort.
Une licence OEM emprunte le chemin inverse. Elle accompagne normalement un ordinateur sur lequel Windows a été préinstallé par le fabricant et, dans le circuit prévu par Microsoft, suit cette machine lorsqu’elle change de propriétaire. Vous pouvez donc revendre le PC avec son Windows, mais pas détacher librement la licence pour l’installer sur l’ordinateur suivant.
Avec les licences en volume, on change encore d’échelle. Elles sont destinées aux entreprises et aux administrations qui doivent équiper et gérer des parcs entiers de machines dans le cadre de contrats conclus avec Microsoft. Les clés et mécanismes d’activation qui leur sont associés sont réservés à l’organisation titulaire du contrat et n’ont, à l’origine, aucune raison de finir vendus à l’unité à des particuliers.
Reste enfin le marché de l’occasion, qui ne correspond pas à une nouvelle famille de licence mais à la remise en circulation de droits déjà commercialisés. Et là, les choses ne sont plus aussi évidentes.
On pourrait être tenté de régler la question assez vite. Si Microsoft réserve une licence OEM à la machine avec laquelle elle a été fournie et une licence en volume à l’organisation qui l’a achetée, tout ce qui s’échappe ensuite de ces circuits pour finir vendu à un particulier serait forcément hors des clous.
Le droit européen ne laisse toutefois pas aux éditeurs une maîtrise absolue sur leurs logiciels une fois ceux-ci vendus. Depuis un arrêt rendu en 2012 dans l’affaire UsedSoft contre Oracle, la Cour de justice de l’Union européenne considère qu’un éditeur qui commercialise une copie d’un logiciel assortie d’un droit d’utilisation sans limitation de durée épuise, sous plusieurs conditions, son droit d’en contrôler la distribution après cette première vente.