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La fibre optique passait, les cotisations beaucoup moins, deux gérants condamnés à Lorient
L'ancien et le nouveau gérant d'une entreprise de pose de fibre optique ont été condamnés en justice ce lundi à Lorient, dans un dossier de cotisations sociales éludées dépassant le demi-million d'euros.
On le sait, tirer de la fibre jusqu'aux logements est un métier de terrain. Tenir les comptes de l'entreprise qui s'en charge en est un autre visiblement, et à Lorient (Morbihan), une société de pose a semble-t-il négligé le second, puisque plus d'un demi-million d'euros de cotisations sociales n'ont pas été déclarés. Après près de trois semaines de délibéré, ses deux derniers gérants repartent avec de la prison avec sursis, des amendes et, pour l'un d'eux, une interdiction de gérer à vie.
Dans le Morbihan, la justice a condamné le gérant d'une société qui organisait le travail de quatorze autoentrepreneurs, comme nous l'apprend Ouest-France. Un Lorientais de 40 ans avait pris la relève et embauché plusieurs compatriotes tunisiens, pour la plupart en situation irrégulière, certains munis de faux passeports belges ou italiens.
L'enquête a mis au jour environ 520 000 euros de déclarations sociales éludées, et 150 165 euros de virements de l'entreprise vers son compte personnel. Dans le même temps, il percevait toujours toujours l'allocation adulte handicapé et circulait en voiture de direction de marque allemande. Le véhicule a depuis disparu du patrimoine de la société.
En février 2025, un homme de 38 ans installé en région parisienne a racheté l'ensemble des parts de cette fameuse société, sans avoir le moindre bilan comptable sous les yeux. L'entreprise dépasse le million d'euros de chiffre d'affaires, et il signe un chèque de 20 000 euros, toujours pas encaissé au jour du procès. La présidente du tribunal s'est étonnée d'une telle légèreté. L'intéressé a évoqué une certaine confiance, et reconnu ses limites en comptabilité. Son avocate a plaidé un rôle accessoire, disant qu'on peut lui reprocher sa négligence et son amateurisme, tout en précisant qu'il ne s'est pas enrichi.
L'ancien gérant ne s'est pas présenté à l'audience du 9 septembre 2026. Il explique que ses papiers lui auraient été volés lors d'un séjour en Tunisie, à l'approche du procès. Le tribunal a tout de même décidé de le condamner à quinze mois de prison avec sursis, comme requis, mais à 14 500 euros d'amendes, alors que le procureur en demandait 10 000. Il lui est en outre définitivement interdit de gérer une entreprise. Le repreneur a écopé de six mois avec sursis, conformément aux réquisitions, et de 3 000 euros d'amendes au lieu des 5 000 demandés.
L'entreprise elle-même ne compte plus que trois salariés. Le procureur réclamait 100 000 euros à son encontre. Elle devra finalement régler 59 000 euros d'amendes, la condamnation comprenant aussi 50 000 euros avec sursis. La somme à régler reste inférieure aux réquisitions, pour une société dont l'avocate du repreneur ne voyait pas comment elle pourrait survivre. La connexion tient encore, mais le signal est faible pour elle.