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dots d’OpenAI expliqué : un ordinateur dans le cloud, 4 000 apps et un agent qui ne dort jamais
Depuis février, j’ai un homelab dans mon sous-sol, sous la forme d’un mini PC. Dedans tourne Hermes, un des harnais d’agents personnels. Ça marche, à condition d’accepter que la machine reste branchée, qu’internet tienne et que personne ne trouve le port ouvert. OpenClaw, c’est pareil. Sauf qu’OpenAI avait recruté le créateur du projet, Peter Steinberger, en février, avec la mission de bâtir « la prochaine génération d’agents personnels ». On attendait de voir ce qu’il en ferait. La réponse s’appelle dots.
Un dot est un agent IA propulsé par GPT-6 Astra, le modèle le plus puissant d’OpenAI, sorti début septembre. Le LLM tourne dans un harnais : on lui donne un nom, un avatar et un objectif, et il ne s’arrête plus. Sur scène, Sam Altman a présenté la chose comme l’IA « qu’on a tous vue dans les films en grandissant », puis a baptisé la sienne Alfred, comme le majordome de Batman. Le niveau d’ambition est posé.
Chaque dot dispose de son propre ordinateur dans le cloud, avec un navigateur, et se branche sur plus de 4 000 applications via les plugins de ChatGPT : e-mails, agenda, outils de travail. Il récupère les connecteurs déjà activés sur votre compte, sans nouvelle configuration, et hérite de vos accès. Il peut aussi écrire du code et le tester sur sa machine.
Quand on ne lui parle pas, il fouille ces applications pour trouver comment se rendre utile, puis il vient nous chercher de lui-même. Sam Altman décrit un dot qui passe en revue ce qui est arrivé pendant la nuit et le prévient au réveil de ce qui presse. Dans la démo, Alfred a mis en ligne un site web avec les maquettes validées, glissé dans le deck du conseil d’administration les derniers chiffres arrivés sur Teams, planifié une migration d’app repérée dans des notes de Google Meet, inscrit les enfants aux activités périscolaires à la seconde où les inscriptions ouvraient, remplacé le pâtissier du mariage qui venait d’annuler et décalé une revue financière qui tombait pile pendant le récital de la fille de son patron. Un dot demande l’accord de son utilisateur avant les décisions importantes. Le reste, il le fait.
Sam Altman y voit l’équivalent d’un « ingénieur très autonome ou d’un chef de cabinet », à qui l’on confie une responsabilité plutôt qu’une liste de tâches. Ses exemples : surveiller les rapports de bugs et proposer des correctifs, lancer le cycle budgétaire de l’année prochaine, trouver ce qui ralentit une application et mesurer le gain après réparation. Il affirme au passage se sentir moins accro à son téléphone depuis qu’il l’utilise. Chacun jugera.
Aucune application dédiée : on lui parle dans ChatGPT, par écrit ou par appel vocal, dans Slack ou dans Teams, et bientôt par SMS, iMessage et RCS. Sur scène, OpenAI a confirmé que le dot pourra écrire de lui-même pour signaler un changement ou demander un arbitrage, et qu’on pourra l’appeler. Il n’y aura qu’un seul dot par compte au lancement, « une équipe entière de dots » est promise pour plus tard, moyennant finances évidemment.
OpenAI a aussi montré Spaces, un espace de travail partagé dans ChatGPT où pages et fichiers cohabitent avec les dots. Une commande « / » génère graphiques interactifs, feuilles de calcul ou prototypes, on tague un collègue ou un dot dans un commentaire et il se met au boulot, un graphique peut se mettre à jour tout seul chaque heure, et des présentations lisibles par les agents doivent suivre. On y reviendra en détail.
La démo de Holly, de l’équipe produit d’OpenAI, avec son dot Dottie et une fausse application musicale, a montré ce que donne un dot un matin de lancement. Avant qu’elle arrive au bureau, Dottie avait repéré que la revue de lancement était avancée et mis à jour l’agenda, lu les retours des testeurs de la veille et remarqué qu’un designer avait modifié l’écran d’accueil au dernier moment, maquette à l’appui. Elle lui a ensuite demandé de coder cette maquette : le dot a pris la main sur son Mac, lancé Codex en local et compilé l’app pour le simulateur iPhone, av