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L’origine de l’astéroïde Bennu est plus étrange qu’on ne le pensait : elle éclaire autrement les débuts du Système solaire
On se souvient qu'en septembre 2023, la capsule de la mission Osiris-Rex de la Nasa est revenue sur Terre, transportant des échantillons de la surface de l'astéroïde Bennu. La Jaxa, l'agence japonaise, avait fait de même quelques années auparavant avec des échantillons prélevés sur l'astéroïde Ryugu par la mission Hayabusa 2. Et si une météorite retrouvée en 2024 sur Terre était en rapport avec l'un de ces astéroïdes ? Futura a interviewé son découvreur, le Français Jean Redelsperger.... Lire la suite
Certains astéroïdes et les météorites qui en découlent par fragmentation lors de collisions sont des capsules temporelles qui nous renseignent sur la formation du Système solaire et potentiellement sur l'origine de la vie. Mais le décryptage de ces archives cosmiques révèle des surprises et des rebondissements. Ainsi, les échantillons prélevés sur Bennu et rapportés sur Terre nous suggèrent maintenant un tout nouveau scénario de sa formation.
[EN VIDÉO] Brian May, co-fondateur d’Asteroid Day et guitariste du groupe Queen et Patrick Michel, directeur de recherche au CNRS à l'Observatoire de la Côte d'Azur, Investigateur Principal co-investigateur de nombreuses missions internationales, nous expliquent leur travail de production de paires stéréos d'images d’astéroïdes et modélisation numériques de formation et d’évolution des astéroïdes, permettant de les visualiser en 3 dimensions. Cette vidéo est en anglais mais sous-titrée en français.
On se souvient de la mission Osiris-Rex de la Nasa et des échantillons que la sonde avait prélevés le 20 octobre 2020 lors de son étude de l’astéroïde Bennu, un petit astéroïde géocroiseur particulièrement intéressant parce qu'il devait conserver des matériaux très primitifs datant de la formation du Système solaire. La capsule contenant les échantillons était revenue sur Terre le 24 septembre 2023 ; la quantité récupérée atteignait environ 121,6 grammes.
Des cosmochimistes de l'ETH Zurich menés par Maria Schönbächler ont fait l'analyse d'une fraction de ces échantillons (environ un demi-gramme) en cherchant à déterminer la présence et les abondances des isotopes du fer, du titane et du chrome. Ils viennent de publier, aujourd'hui, un article dans le célèbre journal Science Advances, qui expose les conclusions de leurs travaux et qui apporte de nouveaux indices sur la formation du Système solaire.
Entretiens avec Manuel Moreira, professeur à l’université Paris-Diderot, et des membres de l’équipe de géochimie de l’IPGP. © Chaîne IPGP, YouTube
Leurs résultats montrent que Bennu possède une signature isotopique très proche de celle de l'astéroïde Ryugu et de très rares météorites de type CI, comme Oued Chebeika 002. Ces trois types d'objets se seraient donc formés à partir d'un même réservoir de poussières primitives.
On se souvient qu'en septembre 2023, la capsule de la mission Osiris-Rex de la Nasa est revenue sur Terre, transportant des échantillons de la surface de l'astéroïde Bennu. La Jaxa, l'agence japonaise, avait fait de même quelques années auparavant avec des échantillons prélevés sur l'astéroïde Ryugu par la mission Hayabusa 2. Et si une météorite retrouvée en 2024 sur Terre était en rapport avec l'un de ces astéroïdes ? Futura a interviewé son découvreur, le Français Jean Redelsperger.... Lire la suite
Rappelons que les chondrites CI (ou chondrites C1) sont des météorites pierreuses carbonées extrêmement rares, dont la composition chimique est la plus proche de celle du Soleil. Elles sont donc très anciennes.
Un demi-gramme de ce matériau a été envoyé à l'ETH : un échantillon de l'astéroïde Bennu. © Erika Blumenfeld & Joseph Aebersold, Nasa