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Le TLD .si s'envole et même en Europe on surfe sur les lubies de Trump
Le domaine national de la Slovénie a gagné plus de 15% de noms en septembre. Déjà les squatteurs spéculent en revendant leurs domaines et même en Europe, on tente de profiter de la situation.
Sans doute pour laisser une énième trace avant de partir, Donald Trump a eu une nouvelle lubie : renommer l'IA en "super intelligence", abrégé "SI". Et très vite, les spéculateurs de noms de domaine ont sauté sur l'occasion en se tournant vers l'extension .si appartenant à la Slovénie,
À l'instar du .fr pour la France, le .si est donc un "ccTLD", c'est-à-dire une extension réservée à un pays. Selon Domain Name Wire, le registre slovène comptait 190 000 noms le 4 septembre. Trois semaines plus tard, il en affichait 219 187, dont 4 311 enregistrés en 24 heures seulement. À titre de comparaison, en août entier, au total, seuls 3 515 nouveaux noms de domaine .si avaient été déposés.
En fin de mois dernier, Donald Trump avait officialisé son caprice auprès de l'ONU en affirmant que les administrations américaines diraient désormais "super intelligence". Dans les 25 heures suivantes, Netcraft a compté plus de domaines .si enregistrés que de .ai. Le .si coûte aussi moins cher, environ 11 dollars pour un an. Un nom de domaine .ai en coûte aujourd'hui près de 80 euros par an avec au minimum un enregistrement pour deux ans.
Pour le registre slovène, le gain reste modeste. Il facture 10 euros par nom aux bureaux d'enregistrement. Cela fait environ 300 000 euros de plus en septembre. De son côté, l'île d'Anguilla, qui gère le .ai, surfe depuis quelque temps sur la vague de l'intelligence artificielle avec 30 millions de dollars récupéré en 2023 contre 6,9 millions en 2022.
La hausse du ccTLD .si a commencé après un sondage publié par Trump le 19 septembre. Et déjà plus de la moitié des domaines enregistrés se revendent sur l'aftermarket. On y trouve notamment donaldjtrump.si ou boeing.si. Le mot "superintelligence" a été popularisé en 2014 par le livre de Nick Bostrom, et certains crient à la spéculation en soulignant que Mark Zuckerberg l'utilisait cet été.
On ne manquera pas de souligner que le phénomène touche également l'Europe. L'hébergeur lituanien Hostinger, qui jouait la carte de la souveraineté en se plaçant lui-même au top de ses propres comparatifs d'hébergeurs européens, a récemment modifié sa page de présentation du .si en reprenant ni plus ni moins les propos de Trump : "l'IA est désormais appelée superintelligence".