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Critique The Social Reckoning : après The Social Network, Sorkin règle ses comptes avec Zuckerberg
Après The Social Network, Aaron Sorkin revient à la charge sur Facebook, Meta et Mark Zuckerberg avec The Social Reckoning. Voici notre critique du film, garantie sans spoilers.
En 2010, The Social Network de David Fincher avait brillamment su retracer la naissance du phénomène Facebook, alors encore jeune. 16 ans après, le scénariste Aaron Sorkin passe derrière la caméra pour repartir à l'assaut de la firme de Mark Zuckerberg avec The Social Reckoning.
Cette suite officieuse et éminemment politique cible l'Amérique de Donald Trump, mais souffre aussi de la comparaison avec le chef-d'œuvre qui l'a précédée. Voici notre critique du film, garantie sans spoilers.
The Social Reckoning s'inspire de l'histoire vraie de Frances Haugen, une jeune ingénieure chez Facebook, qui sollicite l'aide de Jeff Horwitz, journaliste au Wall Street Journal. Ensemble, ils se lancent dans une enquête pleine de dangers qui les mènera à révéler au grand jour les secrets les mieux gardés du puissant réseau social.
Il est difficile de passer après The Social Network, considéré comme l'un des meilleurs films de David Fincher, porté à l'époque par des techniciens à leur sommet et béni par une collaboration quasi divine avec la musique de Trent Reznor et Atticus Ross. Un long-métrage souvent qualifié de visionnaire dans ce qu'il annonçait du monde de la tech des années 2010 et 2020.
16 années plus tard, le monde qu'il avait prédit est bien réel, et c'est littéralement “l’heure des comptes” (le fameux “reckoning” du titre). Pour l'occasion, le scénariste Aaron Sorkin endosse la casquette de réalisateur et livre un film certes à charge… sans pour autant porter un coup aussi magistral qu'il ne le croit.
Jeremy Allen White et Mikey Madison dans The Social Reckoning.
Rassurez-vous, Sorkin conserve son talent unique pour l'écriture. L'auteur des séries À la Maison-Blanche et The Newsroom, mais aussi des scripts de Le Stratège ou Des hommes d’honneur, montre une fois de plus son habileté à cerner les enjeux de son sujet et à tisser sa tapisserie dramaturgique.
Un échafaudage narratif malin, car construit en montage alterné, avec d'un côté l'enquête de Jeff Horwitz (Jeremy Allen White) sur les révélations de Frances Haugen (Mikey Madison) à partir de 2019, et de l'autre la préparation de Mark Zuckerberg (Jeremy Strong) pour son audition devant le Congrès américain en 2021, au moment de la parution des fameux Facebook Files.
Cette structure atypique, qui rappelle son film Steve Jobs sorti en 2015, Aaron Sorkin l'utilise pour mettre en lumière les choix humains catastrophiques à tous les niveaux, ainsi que les manipulations d'algorithmes, toujours orchestrés au profit du sacro-saint “engagement” des utilisateurs de Facebook, quitte à favoriser la violence, la division et la désinformation.