// LES NUMÉRIQUES — MODA & SOCIETÀ
Actualité : “Sans aucune limite créative” : le Pentagone donne 120 jours à Elon Musk pour concevoir les armes de la prochaine guerre
Seize mois après avoir quitté le DOGE, Elon Musk reprend du service à Washington, côté armée cette fois. Flanqué du fondateur d'Anduril et d'un vétéran du Congrès, il doit dire au Pentagone quelles armes concevoir pour les conflits des prochaines décennies, et le compte à rebours tourne déjà.
© Frederic Legrand - Seize mois après son départ du DOGE, Elon Musk retrouve un rôle officiel à Washington, cette fois auprès de l'armée américaine.
Mercredi 30 septembre, sur la base des Marines de Quantico, en Virginie, Pete Hegseth a déroulé six chantiers devant quelque 600 militaires lors de son discours "State of the Force". Le plus singulier se nomme Project Meridian : une étude éclair sur les champs de bataille à venir, codirigée par Elon Musk, Palmer Luckey et Newt Gingrich, ancien président de la Chambre des représentants. Le secrétaire à la Guerre en a confié le lancement à Emil Michael, directeur technologique du ministère, comme le détaille le communiqué officiel.
Le mémo signé par Hegseth tient en une page. Il cite cinq champs de rupture : intelligence artificielle, autonomie, énergie dirigée, robotique et biotechnologies. Le périmètre embrasse tous les théâtres possibles, des galeries souterraines à l'espace cislunaire, cette zone qui s'étend entre la Terre et la Lune.
Découvrir, développer et déployer les armes et les systèmes dont nos enfants et nos petits-enfants auront besoin, sans aucune limite créative, sur n'importe quel champ de bataille, de sous la Terre jusqu'au-delà de la Lune.
Les conclusions sont attendues au plus tard le 28 janvier 2027, sous la forme d'un rapport public doublé d'une annexe classifiée. L'état-major interarmées et chaque armée devront raccorder leurs propres travaux de prospective à l'exercice.
Le mémo fondateur de Project Meridian tient en une page et ne mentionne qu'un seul nom, celui d'Emil Michael, directeur technologique du Pentagone. Elon Musk n'y figure pas.
Le casting fait tiquer. SpaceX assure déjà des lancements et des services satellitaires pour le Pentagone ; Anduril lui vend drones et systèmes autonomes. Les deux patrons vont donc recommander des priorités d'équipement sur des marchés où leurs entreprises concourent.
Le YFQ-44A d'Anduril, drone de combat développé pour l'US Air Force, photographié lors de ses essais au sol à Costa Mesa (Californie) en mai 2025. Son fondateur, Palmer Luckey, codirige désormais l'étude du Pentagone sur les armes de demain.
Détail révélateur : le mémo ne nomme aucun des trois codirecteurs. Leur désignation figure uniquement dans le discours et le communiqué. Le texte précise aussi que l'étude sera menée via une "organisation partenaire", dont l'identité reste inconnue.