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D’une algue verte au cerveau humain : l’incroyable histoire derrière le Nobel de médecine 2026
Les souvenirs, les émotions, les comportements : tout est orchestré par des circuits neuronaux longtemps restés inaccessibles. Et pourtant, c'est dans une algue unicellulaire que trois chercheurs ont trouvé la protéine à l'origine de l'optogénétique, une technique qui « éclaire » le cerveau par la simple lumière, couronnée lundi par le prix Nobel de médecine. Que révèle-t-elle de nos pensées ?... Lire la suite
Fabriquer de fausses images directement dans le cerveau : c’est ce qu’ont réussi à faire des chercheurs de Stanford en utilisant l’optogénétique, consistant à activer des neurones spécifiques avec un laser. Une technique qui inspire les neurologues comme les « biohackers ».... Lire la suite
Elle mesure à peine quelques micromètres et vit dans les eaux douces. Pourtant, cette minuscule algue verte est à l’origine d’une révolution qui permet aujourd’hui aux scientifiques de « piloter » certains neurones avec de simples flashs de lumière. Comment une curiosité de biologie fondamentale est-elle devenue l’un des outils les plus puissants pour explorer le cerveau ? C’est cette histoire, aussi improbable que fascinante, qui vient d’être récompensée par le prix Nobel de médecine 2026.
[EN VIDÉO] Grâce à une méthode ingénieuse baptisée Clarity, une équipe de recherche a créé un cerveau transparent. En marquant les différentes molécules de cet organe avec des anticorps fluorescents, les auteurs ont pu observer ce qui s’y cache.
Une des plus grandes découvertes du domaine des neurosciences n'est pas née dans un service de neurologie... mais dans une algue verte unicellulaire. Son nom : Chlamydomonas reinhardtii ou « levure verte ». Cette microalgue est capable, pour optimiser sa photosynthèse, de se déplacer vers la lumière. Mais comment fait-elle pour capter les rayons lumineux ? Au début des années 1980, c'était un véritable mystère...
À cette époque, Peter Hegemann, un jeune doctorant allemand, étudie la structure et la fonction d'une protéine transporteuse, une « halorhodopsine », présente dans des organismes microscopiques appelés haloarchaea, une archée qui évolue dans les milieux salés. Le scientifique comprend que cette molécule est impliquée dans la capacité des haloarchaea à transporter les ions chlorures d'un milieu peu concentré vers un milieu plus concentré, donc contre le gradient.
Les souvenirs, les émotions, les comportements : tout est orchestré par des circuits neuronaux longtemps restés inaccessibles. Et pourtant, c'est dans une algue unicellulaire que trois chercheurs ont trouvé la protéine à l'origine de l'optogénétique, une technique qui « éclaire » le cerveau par la simple lumière, couronnée lundi par le prix Nobel de médecine. Que révèle-t-elle de nos pensées ?... Lire la suite
En 1984, il tombe sur un article suggérant que les protéines de la famille des rhodopsines, dont fait partie celle qu'il est en train d'étudier, pourraient servir de détecteur de lumière chez l'algue Chlamydomonas reinhardtii. Hegemann contacte ce chercheur et le rejoint pour travailler avec lui le temps de son postdoc. C'est à ce moment-là de la recherche fondamentale pure.
De retour en Allemagne, Hegemann continue de travailler sur les rhodopsines et, en s'intéressant à une autre algue verte, découvre qu'une stimulation lumineuse provoque chez elle une réponse électrique rapide causée par le passage d'ions à travers une protéine membranaire. Il propose l'hypothèse que ce canal et la rhodopsine font partie d'un seul et même complexe protéique.
Au début des années 2000, Hegemann va initier une collaboration avec un autre chercheur allemand : le biophysicien Georg Nagel. Ensemble, ils vont parvenir à isoler et caractériser une famille de protéines membranaires baptisées « channelrhodopsines ». Contrairement aux pigments visuels animaux, qui nécessitent des cascades complexes de signalisation intracellulaire impliquant des protéines G pour ouvrir des canaux ioniques secondaires, la channelrhodopsine fonctionne de manière autono