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REPORTAGE. "Il y a une bonne ambiance, c'est mieux" : à Lens, les lycéens restent mobilisés dans un climat plus apaisé
Les blocages de lycées et d'universités se poursuivent, et des manifestations sont organisées ce jeudi dans plusieurs grandes villes pour "l'acte 4" de la mobilisation des lycéens et des étudiants. L'intersyndicale appelle à une nouvelle journée de mobilisation le 13 octobre.
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Alors que les manifestations et les blocages de lycées continuent partout en France le 8 octobre, le gouvernement tente de calmer le jeu, le Premier ministre Sébastien Lecornu déclarant "ne pas être indifférent aux angoisses" des lycéens. Quant au ministre l'Éducation nationale, Édouard Geffray, il a annoncé la présentation d'un plan d'urgence sur les remplacements et a reçu jeudi les associations lycéennes.
Mobilisation des lycéens : l'intersyndicale étudiante appelle à une nouvelle journée de manifestations et de grève mardi 13 octobre
À Lens, la mobilisation des lycéens reste intacte, trois jours après qu'Evan, un adolescent de 15 ans, a perdu sa main dans l’explosion d’une grenade assourdissante, devant le lycée Auguste-Béhal. Environ 200 lycéens bloquent l'entrée du lycée Condorcet, mais l'ambiance est plutôt joyeuse et détendue. Des élèves ont même discuté avec des policiers venus surveiller le blocus.
"Je pense que les jeunes se posaient des questions par rapport aux événements qui se sont passés lundi, estime un brigadier. Nous, dans la mesure du possible, on leur a expliqué un petit peu ce qu’on a vécu, les circonstances qui ont amené au drame." Il était présent le 5 octobre devant le lycée Auguste-Béhal. L’atmosphère était plus tendue, se souvient-il, pas de discussion possible, "puisque dès le début, en fait, il n’y avait pas de panneaux de revendications ou quoi que ce soit. On avait principalement des casseurs qui étaient là et qui voulaient en découdre".
Certaines revendications des lycéens sont légitimes, estime le policier. Les coupures de plusieurs heures entre deux cours, "c’est vrai que c'est un petit peu compliqué pour eux, et ça, je comprends" reconnaît-il, déclenchant des applaudissements autour de lui. "Bravo Monsieur, totalement d'accord ! Vous avez des enfants vous, ça se voit !"
Le brigadier est entouré par une dizaine d'élèves. Parmi eux, Ryan, qui a apprécié ce dialogue avec les forces de l’ordre. "On parlait de leur ressenti sur les manifestations. Ils ont dit que c'était mieux comme ça quand même, quand c'est tranquille et qu'on peut parler avec eux, que se faire caillasser. Et ils ont raison finalement, même pour nous, c'est mieux comme ça. C'est bonne ambiance c'est mieux. Et même nous, on peut voir une autre image aussi d'eux que quand ils nous tirent à la lacrymogène par exemple."
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Mais au-delà de l’atmosphère détendue aujourd’hui, les revendications sont toujours là. Louise, qui habite loin du lycée, continue de dénoncer un emploi du temps trop lourd. "En Suède, ils font du 9 heures-15 heures, et quand ils entendent ce qu'on fait, ils sont choqués", explique la lycéenne. "Après, les parents disent qu'eux ne se plaignaient pas pour des 8 heures-20 heures. Ok, ils ne se plaignaient pas, mais nous, conclut-elle, on a décidé de se révolter, on a décidé de se plaindre."