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"Je n'ai plus aucune confiance en Monsieur Nuñez" : après les mobilisations lycéennes, Danielle Simonnet pointe du doigt la "stratégie" du gouvernement et son "coût terrible pour les jeunes"
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À la fin d'une quatrième journée de mobilisation étudiante, jeudi 8 octobre, Danielle Simonnet, députée (écologiste et social) de Paris estime qu'il y a eu "une volonté de terroriser la jeunesse". De son côté, Jad Zahab, porte-parole de Gabriel Attal refuse fermement le terme de "violences policières" volontaires.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Pour l'instant, on n'a pas le bilan, ni en termes de participation, ni en termes de sécurité de cette journée. Là, on est sur une fin de manifestation plutôt classique, souvent émaillée de tensions. Il n'y a pas d'usage de grenades de désencerclement assourdissantes, celles qui ont été suspendues par Laurent Nunez. Les canons à eau sont sortis et on est dans une stratégie d'usure, mais ce soir, en tout cas, semble-t-il, des consignes peut-être de retenue. On a l'impression ce soir en voyant ces images qu'on essaie d'éviter le contact au maximum. Vous avez l'impression qu'il y a effectivement une retenue ce soir de la part des forces de l'ordre, en tout cas des consignes qui ont été passées ? Est-ce que vous saluez ça ?
Danielle Simonnet : En tout cas, il faut l'espérer parce que la stratégie, sur la première semaine de la mobilisation, de la part du gouvernement, était catastrophique. On a un mouvement de la jeunesse, un mouvement lycéen d'une ampleur historique, et on a eu une répression inouïe. Et on voit bien que la stratégie du gouvernement, ça a été non pas de répondre sur le fond, et au contraire essayer de rendre totalement illégitime sur le fond ce mouvement, pour montrer que c'était le parti de l'ordre ferme, avec un coût terrible pour les jeunes.
Je rappelle quand même qu'un jeune a perdu un œil, un autre s'est vu la main arrachée, d'autres la mâchoire complètement déformée. Une violence policière de dingue, mais pas seulement. Dans les Hauts-de-Seine, vous avez le préfet ou le procureur qui se sont permis de convoquer des familles pour leur remonter les bretelles sur leur enfant, alors qu'il n'y avait pas de procédure judiciaire. On nage en plein délire. Des arrêtés préfectoraux, des menaces de poursuites civiles et pénales pour essayer de tout faire pour faire peur et tétaniser cette jeunesse. Et en fait, ça n'a pas marché. La jeunesse, elle est toujours là. Elle est présente massivement.
Comme Bally Bagayoko, le maire de Saint-Denis, est-ce que vous demandez à Emmanuel Macron de présenter ses excuses aux familles des enfants qui ont été blessés ?
Danielle Simonnet : Bien sûr, c'est au président de la République, c'est au gouvernement de s'excuser d'avoir brutalisé cette jeunesse dont certains vont porter les séquelles à vie. Ce sont des blessures de guerre : une main arrachée. Envoyer ces armes-là à l'encontre d'une jeunesse et pour une grande part des mineurs, c'est irresponsable. Et je vais vous dire, il faut absolument que le gouvernement comprenne à ce tournant-là qu'il faut interdire l'usage des LBD.
Est-ce qu'il n'a pas déjà compris en disant en faisant marche arrière sur les grenades assourdissantes ?
Danielle Simonnet : Il faut qu'il prenne un engagement clair : on n'utilisera plus de LBD, on n'utilisera plus de grenade de désencerclement.