// FRANDROID — INTELLIGENZA ARTIFICIALE
« Un trésor national » : comment Elon Musk et Donald Trump ont scellé leur réconciliation
Fini les attaques par tweets interposés et les accusations en tout genre. Le duo formé par Donald Trump et Elon Musk s’est rabiboché ce jeudi 8 octobre à l’occasion d’une cérémonie de remise de médailles scientifiques où le chef d’État américain a tenu à montrer ses liens forts avec les grandes entreprises de la tech, note NBC News.
Les médailles ont été remises à Washington, à l’Institut des États-Unis pour la paix, lors d’un sommet baptisé « Science: A New Golden Age ». C’est la première fois que Donald Trump remet la National Medal of Science et la National Medal of Technology and Innovation, tous mandats confondus.
En plus du CEO de Tesla et SpaceX, Donald Trump a aussi récompensé Sergey Brin (cofondateur de Google), Lisa Su (AMD) et Jensen Huang (Nvidia) de la même « National Medal of Science ». Satya Nadella, CEO de Microsoft, et Michael Dell, fondateur de Dell Technologies, ont pour leur part reçu la « National Medal of Technology and Innovation », la plus haute distinction américaine pour l’innovation technologique.
Pas avare en compliments, le président étasunien s’est félicité d’avoir réuni « toutes ces femmes et hommes brillants » qui « resteront dans les annales de l’histoire » et permettront aux États-Unis de « toujours rester en-tête ». Mais c’est surtout pour Elon Musk que le chef de l’État a eu les mots les plus flatteurs, le qualifiant de « trésor national » et de « Thomas Edison des temps modernes ».
Sans doute que Donald Trump voulait profiter de cette cérémonie pour mettre en scène l’amitié retrouvée entre l’administration américaine et son « First Buddy », qui a largement participé à modeler les premiers mois du mandat de Trump avant de prendre ses distances avec la Maison-Blanche avec pertes et fracas. Les relations s’étaient pourtant réchauffées ces derniers mois, et Musk a encore annoncé le dimanche 4 octobre rebaptiser SpaceXAI, la branche IA de SpaceX, en SpaceXSI, pour s’aligner sur le décret signé par Trump fin septembre, qui impose aux agences fédérales de dire « Super Intelligence » plutôt qu’« intelligence artificielle ».
Lors de la soirée de remise de prix, les invités ont d’ailleurs jonglé entre les deux termes pour montrer leur dévouement à l’administration américaine. Ce qui n’a pas empêché Trump d’écrire le même jour, sur son réseau Truth Social, que la Maison-Blanche considère comme « l’ennemi » quiconque emploie le terme « intelligence artificielle » plutôt que « Super Intelligence ».
Mais le défilé des grands noms de la Silicon Valley a aussi servi à montrer la proximité du pouvoir avec les hautes sphères de la tech. Le moment n’est pas choisi au hasard, puisque l’économie américaine dépend très largement des investissements dans l’IA. Sans ces dépenses, les États-Unis seraient « proches de la récession, voire en récession », avertissait la Deutsche Bank dès septembre 2025.
Pour aller plus loin
Avant l’attaque du Venezuela, Trump a demandé son avis à Grok, le chatbot d’Elon Musk
La cérémonie a surtout mis en scène la fidélité, et même la docilité des figures de la Silicon Valley à Donald Trump. Quelques heures plus tôt, l’administration Trump suspendait Microsoft du programme PERM, qui permet aux entreprises de demander une carte verte pour leurs salariés étrangers venus avec un visa H-1B avant d’accueillir Satya Nadella (immigré lui-même) sur scène tout sourire.
Le vice-président JD Vance, qui a présenté la mesure, accuse Microsoft de fraude. Selon lui, l’entreprise a licencié 6 000 salariés américains l’an dernier tout en bénéficiant de 6 300 visas H-1B et de près de 3 000 cartes vertes. Adobe fait aussi partie des entreprises suspendues de ce programme.