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Actualité : “Les centres de données ont perdu leur légitimité sociale” : après l’Irlande, au tour de l’Écosse de bannir les datacenters. Bientôt la France ?
En Écosse, le projet de construire le deuxième plus gros centre de données au monde a mis le feu aux poudres et vient d’encourager l’adoption d’un moratoire d’un an sur l’installation de nouveau hangar à données dans le pays.
© westpa1 // Shutterstock - L'Écosse s'oppose au développement tous azimuts de l'IA
Devenue une terre d’accueil privilégié par les géants du Net, l’Écosse vient de mettre un sérieux frein au développement de l’IA dans le pays. Le gouvernement local vient de faire passer une loi suspendant pendant au moins 12 mois l’installation de nouveau centre de données dans le pays, autant pour des raisons pratiques, qu’écologiques et politiques note Euronews.
Le but de cette suspension temporaire est d’établir de nouvelles règles d’urbanisme, mais aussi de laisser au public le loisir de débattre et d’interroger les priorités du pays en termes d’électrification propre et de dépense d’énergie. En parallèle, les centres de données dont la demande en électricité dépasse les 50 mégawatts, soit la plupart des "hyperscalers" modernes pensés pour l’IA, feront également l’objet d’évaluation d’impact environnemental obligatoire.
Plus de 20 nouveaux projets de centres de données ont en effet été soumis à l’approbation des autorités écossaises, dont un dans la région côtière du Fife, qui est présenté comme "le second plus gros data center au monde". De quoi brusquer la population locale et la représentation nationale. "Les 24 premiers projets à eux seuls consommeraient une fois et demie plus d’électricité que la consommation électrique maximale de l’Écosse", souligne Patrick Harvie du parti écologiste "Un projet d’une telle ampleur est simplement irréaliste". Selon l’élu, l’électricité disponible devrait plutôt aller décarboner le secteur des transports et du chauffage.
Confronté à une possible utilisation de la fusion nucléaire pour alimenter ces superstructures, le rapporteur du texte a balayé cette possibilité de la main en expliquant que cela ne deviendrait pas une réalité "avant quelques décennies". Si le débat s’articule assez nettement autour des besoins en électricité de ces installations, plusieurs interventions parlementaires ont également souligné l’importance de "préserver les terres agricoles et la beauté des espaces naturels" du pays, tout comme les craintes concernant le bruit et la pollution de l’air se sont aussi fait entendre.
Les habitants veulent savoir ce que ces projets impliqueront pour eux, leur environnement, leurs routes, leur consommation d’eau, leur électricité
Selon Patrick Harvie, l’idée n’est pas d’interdire purement et simplement le centre de données du pays, mais de penser intelligemment un système qui permettra de répondre à leurs besoins en électricité sans sacrifier la transition écologique. Il n’est pas question "d’être contre la technologie, mais contre un vide juridique" sur l’implémentation des centres de données. "Les habitants veulent savoir ce que ces projets impliqueront pour eux, leur environnement, leurs routes, leur consommation d’eau, leur électricité et leurs communautés", appuie une députée de l'autre bord de l'hémicycle. .
Derrière la question de l’énergie, c’est pourtant bien des questions politiques plus matérielles qui s’imposent dans le débat outre-Manche. Les interrogations sur les retombées économiques de ces projets sont notamment prégnantes. "L’Écosse va-t-elle simplement céder ses terres, son eau et son énergie aux plus riches entreprises de la planète, ou allons-nous mettre en place un modèle écossais dans lequel les communautés qui fournissent ces ressources en bénéficieront directement", interroge une parlementaire. Un autre résume plus abruptement le débat en affirmant que "les centres de données dédiés à l’IA ont perdu leur légitimité sociale".
L’Écosse suit là l’exemple de l’Irlande, qui a également signalé son intention de réduire la voilure sur l’installation de centre de données sur son territoire. La France, elle, est dans une position inverse. Riche