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"Les réseaux sociaux sont une mine d'informations extraordinaire" : comment fonctionnent les enquêtes de l'IGPN ?
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Depuis le début de la contestation étudiante, 6 877 personnes, dont 86 % de mineurs, ont été placées en garde à vue. Parallèlement, 24 enquêtes ont été confiées à l'IGPN pour des suspicions de violences policières.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Jeudi 8 octobre, un coup de genou est infligé par un policier à un manifestant, à hauteur du visage, place de la Bastille à Paris. Deux policiers plaquent ensuite le jeune homme à terre pour le menotter. Ce coup a déclenché une enquête de la police des polices. Vendredi 9 octobre, ce sont désormais 24 enquêtes qui ont été ouvertes sur le comportement des forces de l'ordre depuis le début du mouvement lycéen.
Alors, comment sont menées ces investigations sensibles ? Elles sont confiées à un service spécialisé : l'IGPN, la police des polices. France Télévisions a pu rencontrer Brigitte Jullien, commissaire qui la dirigeait lors de la crise des Gilets jaunes. Les investigations de l'IGPN, rappelle-t-elle, se conduisent d'abord sur le terrain : "On se positionne dans l'endroit où ça s'est passé et on cherche les vidéos, les témoins, les voisins. Là, c'est un vrai travail de fourmis. On fait des réquisitions et puis on travaille dessus, on regarde les réseaux sociaux… C'est un gros travail, les réseaux sociaux, parce que c'est une mine d'informations extraordinaire."
Il y a quelques semaines, l'IGPN avait exceptionnellement ouvert ses portes à France Télévisions. Auditions, écoutes et même gardes à vue dans ses cellules, ces policiers spécialisés mènent leur dossier sous la direction de la justice. Des investigations lentes et complexes. Pour la dernière grande mobilisation sociale, les manifestations sur les retraites, on compte 64 enquêtes à Paris. Selon le dernier bilan disponible, 49 affaires ont été classées, 6 ont entraîné des procès. D'autres procédures sont encore en cours.
Me Arié Alimi, avocat, sort tout juste d'une audition dans les locaux de l'IGPN, vendredi 9 octobre. Sa cliente vient de déposer plainte pour violence. Selon lui, le fonctionnement de cette police des polices n'est pas satisfaisant : "Beaucoup de policiers ne sont pas identifiés. C'est vraiment un nombre très important parce que pas de RIO ("référentiel des identités et de l'organisation", matricule qui identifie les agents, Ndlr), parce que pas d'image, parce que les images sont supprimées. Souvent, les images sont supprimées parce que ce sont les images de la préfecture de police ou de la municipalité, et qu'au bout de 30 jours, elles disparaissent."
D'autres pays européens ont fait le choix de confier ces affaires à des fonctionnaires qui n'appartiennent pas à la police.
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