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On a vu le Tesla Cybercab : ce n’est pas l’absence de volant qui nous a le plus marqués au Mondial
J’avais déjà croisé un des premiers prototypes du Cybercab, et l’absence de volant fait toujours son petit effet. On s’attend à trouver quelque chose devant le siège gauche, et on ne trouve qu’une planche de bord nue et un grand écran central. Et j’avoue que je ne m’attendais pas à la trouver au Mondial de l’auto, sachant que la voiture ne roule pas pour le moment en Europe. Elle ne peut pas être homologuée dans l’état actuel des choses.
Cette fois, sur le stand Tesla du hall 7.1, j’ai surtout découvert ce que je n’avais jamais vu : le coffre.
Le hayon levé révèle un volume qu’on n’attend pas sur un engin dont la silhouette évoque une Model 3 raccourcie. Le Cybercab n’a que deux places, mais il a manifestement été dessiné autour des valises.
Présenté en octobre 2024 lors de la soirée « We, Robot », le Cybercab est produit en série depuis février 2026 à la Gigafactory du Texas. Depuis le 4 septembre, il transporte des passagers à Austin via l’application Tesla Robotaxi, sur une zone de 264 miles carrés, soit environ 680 km², qui couvre l’essentiel de la ville.
Tesla revendique plus de 300 Cybercabs en service sur place, aux côtés de Model Y modifiées, et Dallas devrait suivre. La fiche technique reste modeste, avec une batterie de 48 kWh, un moteur de 219 ch et 1 412 kg sur la balance. La charge doit à terme passer par induction, sans câble ni prise visible.
Selon le guide passager publié par Tesla, le coffre arrière cube 572 l. C’est plus qu’un Peugeot 3008 (520 l), pour une voiture qui ne transporte que deux personnes. C’est étrange, mais il y a une explication.
Un robotaxi passe ses journées à faire des allers-retours vers l’aéroport ou la gare, et deux voyageurs avec deux valises en soute et deux bagages cabine doivent y tenir sans négociation. Tesla limite toutefois le coffre à 100 kg et la charge utile totale à 280 kg, occupants compris. Deux adultes costauds et des valises bien remplies, et on frôle déjà la limite.
La stratégie de Tesla consiste d’abord à vendre des trajets plutôt que des voitures. Elon Musk vise pourtant aussi les particuliers : il a répondu « oui » en février à la question d’une vente avant 2027, avec un objectif de prix sous les 30 000 dollars.
La question est de savoir qui achèterait une voiture sans volant, utilisable seulement là où Tesla est autorisé à rouler sans conducteur.
Aux États-Unis, l’agence de sécurité routière NHTSA a ouvert en septembre un audit sur la façon dont Tesla a autocertifié environ 1 000 Cybercabs, sans demander d’exemption comme l’a fait Zoox. En France, le Cybercab n’a aucune autorisation de circuler, et même la conduite supervisée FSD n’y est pas encore permise.