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SNCF : quelles sont les solutions mises en place pour éviter les collisions des trains avec les animaux ?
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Julien Gasparutto, Margaux Manière, Caroline Thébaud
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Pascal Doucet-Bon
Enquête, vendredi 26 octobre, sur des collisions de plus en plus nombreuses : celles de trains qui percutent des animaux sur le réseau ferroviaire. Ils sont en hausse de 27% en un an. Une convention a été signée notamment entre la SNCF et les chasseurs des Hauts-de-France.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
C'est la bête noire de la SNCF : des sangliers ou des chevreuils qui, sur les rails, provoquent des millions d'euros de dégâts, avec huit collisions par jour en moyenne. Sur la ligne entre Angers (Maine-et-Loire) et Nantes (Loire-Atlantique) depuis deux ans, une nouvelle solution est déployée. Des boîtiers, disposés le long des voies, alertent les animaux 30 secondes avant le passage d'un train. "Les sons vont des aboiements d'animaux aux tirs d'armes à feu, également des sons météorologiques", décrivait le 23 juillet Michaël Rublon, responsable d’ElanRail.
Le dispositif aurait fait diminuer de 90% les chocs sur le tronçon. "Avant l'installation, on était environ à sept ou huit collisions avec la grande faune sauvage sur cette zone, et maintenant on est descendu à environ une collision par an", précise Sébastien Maret, responsable partenariat végétation SNCF - Pays de la Loire.
Ces balises sont fabriquées en Loire-Atlantique, et les demandes ont augmenté ces dernières années. "Sur la ligne, on va venir assembler plusieurs éléments : carte électronique, dispositif audio lumineux", explique Michaël Rublon, le responsable d’ElanRail. Déjà utilisées dans trois régions, leur déploiement pourrait bientôt s'accélérer. Entre 2022 et 2025, le nombre de collisions a explosé, passant de 2095 à 2900. Les sangliers représentent à eux seuls un choc sur deux. "La problématique a beaucoup augmenté ces dernières années. Il y a de plus en plus de recherches qui sont faites pour trouver une bonne solution. On a besoin de trouver une solution, parce que ce problème ne fera que continuer à grandir par la suite", poursuit Michaël Rublon.
Les solutions, elles, sont nombreuses sur le marché : effaroucheurs sonores dans le Doubs, drones équipés de caméras thermiques dans l'Eure, ou encore des grillages pour empêcher les animaux d'aller sur les rails entre Nantes et Le Mans (Sarthe). Au total, 150 km de voies sont sécurisées. "En fait, les animaux, notamment les fouisseurs, ils ont tendance à venir contre la clôture et à descendre, essayer de passer dessous. Donc ils vont arriver, tomber sur l'anti-fouisseurs, et ça va les arrêter", explique Yoan Devautour, pilote d’opération - maîtrise d’ouvrage à la SNCF réseau Pays de la Loire.
Coût de l'installation : 34 millions d'euros. Un budget conséquent, mais nécessaire. Car ces collisions provoquent des retards et surtout des dégâts importants. La facture peut grimper jusqu'à 100 000 euros sur une rame. Dans un Technicentre, chaque semaine, deux trains subissent des chocs d'animaux. "On a commencé à démonter pour vérifier le choc. On s'est aperçu qu'il y avait encore d'autres pièces derrière qui étaient encore cassées", commente Freddy Maurin, coordinateur de la production au technicentre SNCF de Nantes. Sous la rame, des tuyaux de freins arrachés, de la tôle tordue et au moins 16 jours d'immobilisation à prévoir.