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Reportage. "Il n'y a plus rien" : le choc et la colère à Limoges après l'incendie de la mairie
Au lendemain de l’incendie qui a ravagé la toiture et le beffroi de l’hôtel de ville, plusieurs milliers de Limougeauds se sont rassemblés, dimanche, place de la République pour exprimer leur tristesse et leur colère.
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C'est presque en silence que les Limougeauds s'approchent à pied de ce qu'il reste de leur mairie dimanche 18 octobre. Ils se massent derrière les rubalises qui clôturent la place, observant sidérés les murs debout, mais encore fumants, du bâtiment historique dont la toiture et son beffroi ont disparu dans les flammes la veille au soir en marge d'une manifestation contre la vie chère. Alors, à l'appel des élus locaux, plusieurs milliers d'habitants se sont rassemblés place de la République, la plus grande place de Limoges, pour exprimer leur tristesse et leur colère et entonner la Marseillaise. Le maire, Guillaume Guérin, accuse l'ultragauche d'être à l'origine du sinistre et menace de démissionner si l'État ne finance pas la reconstruction. L'enquête doit encore vérifier qui sont les auteurs de ces violences et quelles étaient leurs motivations.
"La mairie sera reconstruite", écrit Sébastien Lecornu au maire de Limoges au lendemain de l'incendie qui a détruit l'hôtel de ville
"Il n'y a plus rien, en fait", constate Virginie qui enjambe la rubalise et s'approche en larmes. Elle est adjointe administrative au service État civil de la mairie de Limoges, situé dans l'aile est du bâtiment où a débuté l'incendie. "On n'a plus de bureaux, témoigne-t-elle. On espérait pouvoir récupérer les registres, des titres de concession, mais il n'y a plus rien. C'est notre travail. Nous avons passd des années ici, ça fait partie de nous."
Sur un banc, des clés et leurs étiquettes bleues sont entassées pour être triées, notamment par Marie-Annick Mazelier, directrice déléguée à la ville de Limoges. "Ces clés donnent accès à tous les bâtiments municipaux, explique-t-elle. Ces clés donnent accès à tous les services municipaux qu'on va pouvoir continuer à assurer au plus tôt. Symboliquement, c'est assez fort. Malgré cette catastrophe qui est un signe tout de même assez criant d'atteinte à la République, le service continue. On ne va pas se laisser démoraliser par des actes qui sont inqualifiables."
Durant l'assaut de la mairie, selon le maire Divers droite de Limoges, Guillaume Guérin, des menaces de mort ont été prononcées à l'encontre d'agents municipaux présents, ce que la justice confirme. L'élu accuse l'ultragauche d'être notamment derrière la destruction orchestrée du monument. Le préfet de la Haute-Vienne, Maurice Barate, lui, ne se prononce pas encore sur le profil des participants, invoquant le secret de l'enquête. En conférence de presse, il ne livre que ses observations. "Moi, ce que j'ai vu, déclare-t-il, c'est que les choses étaient extrêmement orchestrées. D'ailleurs, ce qui pouvait sembler un mouvement spontané, l'était pour certains, mais absolument pas pour d'autres. On se retrouve avec des gens qui sont là pour détruire notre modèle de société."
Pour identifier clairement les auteurs des faits, la justice dispose notamment de vidéos issues de caméras de surveillance, de celles de drones et des réseaux sociaux sur lesquels nombre de participants aux barricades ont posté du contenu. Un jeune homme qui a participé aux blocages limougeauds a accepté de témoigner de manière anonyme. Il a assisté, bien impuissant, assure-t-il, à la mise à feu de la mairie. Il explique d'abord avoir été "dans un état de choc", puis avoir ressenti "beaucoup de tristesse". "Je suis revenu devant la mairie après la manifestation et j'ai vu cette scène apocalyptique : la mairie en flammes, le toit qui s'effondre. Les gens étaient tristes, se souvient le jeune homme. Quelque 99% des manifestants regrettent ce geste, j'en suis convaincu et je pense que ça restera marqué dans notre esprit."
Il décrit une situation devenue incontrôlable, mais qui n'aurait été command