// FUTURA SCIENCES — SPAZIO & SCIENZA
« Face à l'IA et au quantique, nous sommes tous débutants »
Une méta-analyse a comparé le sentiment d'imposture chez les hommes et les femmes pour vérifier s'il était effectivement ressenti plus intensément chez celles-ci. Caractérisé par un manque de confiance en soi malgré des preuves objectives de réussite, ce sentiment est le fruit de stéréotypes de genre, générant anxiété et insatisfaction, alimentant la peur de l'échec. Heureusement, il est possible de surmonter cette détresse psychologique.... Lire la suite
Alors qu’aucune différence de niveau en mathématique n’est observée avant l’entrée en CP, elle met seulement quatre mois à émerger puis double lors de l’entrée en CE1, selon une vaste étude française portant sur les données de trois millions d’enfants.... Lire la suite
Responsable du laboratoire de recherche et d'innovation ouverte chez OVHcloud – Co-fondatrice de France quantum – Membre du Q-cab à la Commission Européenne
L'intelligence artificielle et l'informatique quantique vont redessiner nos métiers, nos industries et notre façon de comprendre le monde. Face à ces ruptures, personne n'a d'avance décisive. C'est peut-être la meilleure nouvelle de la décennie, à condition de ne pas éteindre, dès l'école, la curiosité de celles et ceux qui oseront apprendre.
[EN VIDÉO] L’intelligence artificielle vise à mimer le fonctionnement du cerveau humain, ou du moins sa logique lorsqu’il s’agit de prendre des décisions. Jean-Claude Heudin, chercheur et créateur d’Angelia, nous explique l'origine de ces recherches.
Chaque grande transformation technologique produit ses experts autoproclamés, et avec eux une idée tenace : il faudrait un parcours d'exception pour avoir son mot à dire. Un doctorat en physique pour parler de qubits, une grande école d'ingénieurs pour comprendre les modèles de langage. Cette idée décourage précisément une jeune génération qui perd l'envie d'apprendre, mais aussi de nombreuses personnes dont le parcours scolaire est jugé « pas à la hauteur ».
L'IA générative n'a que quelques années d'existence grand public. Les ordinateurs quantiques sortent à peine des laboratoires pour devenir accessibles dans le cloud. Les usages, les métiers et les règles du jeu s'inventent en ce moment même. Chercheurs, entreprises, États : tout le monde apprend en marchant. Dans les technologies de rupture, personne n'a vingt ans d'expérience sur ce qui arrive. Nous l'avions déjà vécu avec l'arrivée d'Internet.
Ce constat pourrait inquiéter. Je le trouve libérateur. Quand personne ne détient toutes les réponses, la question compte davantage que le diplôme. La curiosité devient une compétence, et la capacité à apprendre vaut plus qu'un savoir figé.
Je parle en connaissance de cause : je suis en grande partie autodidacte. Je n'ai fait ni grande école d'ingénieurs ni doctorat. Mon bagage, c'est un bac arts plastiques, une licence d'art et une année aux Gobelins. Rien qui prépare aux qubits et au quantique. J'ai d'abord été blogueuse, puis journaliste pendant de longues années, à décrypter les innovations pour le grand public, comme Futura le fait depuis vingt-cinq ans. J'ai pris par la suite un poste pour accompagner des startups chez OVHCloud et cofondé France Quantum. Aujourd'hui, je travaille au cœur de ces technologies. Vulgariser m'a permis de monter en compétences et d'avoir une vision différente.
Je ne prétends pas que le diplôme ne sert à rien : dans les pays de l'OCDE, il reste l'un des meilleurs prédicteurs de revenu. Mais la France pousse cette logique très loin. Plus de la moitié de nos 25-34 ans sont diplômés du supérieur, dix points de plus que la moyenne européenne.