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Violences du 17 octobre : "Ce qu'il faut, c'est un état d'urgence social", estime François Piquemal, député LFI de Haute-Garonne
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Invité du "Duel" d'"Avant le 20h" ce 19 octobre face à Jean-Charles Orsucci, maire Renaissance de Bonifacio, l'Insoumis François Piquemal revient sur la réponse aux violences urbaines qui ont émaillé les manifestations de samedi. Les mesures sécuritaires ne sont "pas des solutions à la crise politique en cours", pense-t-il, estimant qu'Emmanuel Macron a dans son allocution "remis de l'huile sur le feu en apportant aucune réponse politique à la crise".
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du duel ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Perrine Storme : Je vous posais la question il y a un instant, vous n'avez pas eu de casse, de violences ce week-end en Corse ?
Jean-Charles Orsucci : Non, il n'y a pas eu de manifestation si ce n'est à Bastia et Ajaccio, mais je crois qu'elles se sont passées à peu près correctement. Il y a quand même eu quelques échauffourées à la fin. J'ai entendu, chez vos confrères de ViaStella, qu'il y avait eu cinq ou six interpellations, mais a priori rien de très significatif. En tout cas, on n'a pas du tout observé ce qu'on a pu observer sur le continent.
L'exécutif a appelé ce soir les préfets à prendre les décisions nécessaires pour protéger les villes, et donc cela passe par des interdictions de rassemblement, comme on le voit à Paris, dans certains quartiers, ou à Marseille, mais aussi avec des couvre-feux comme on le voit dans certaines villes du Nord, dans certains quartiers de Paris ou encore à Nice. Est-ce qu'on doit en passer par là ?
François Piquemal : Vous pouvez faire des couvre-feux, vous pouvez interdire les réseaux sociaux, comme je l'ai entendu, faire l'état d'urgence, mais ce ne sont pas des solutions à la crise politique et aux raisons de cette crise politique. Ce ne sont pas des solutions politiques.
Mais cela permet de répondre à l'urgence immédiate, et de rétablir l'ordre avant de donner la réponse politique ?
Ce qu'il faut, c'est un état d'urgence sociale, surtout. Je suis un député de La France insoumise et je vais reprendre un exemple historique, qui n'est pas de ma famille politique, mais qu'ont su faire certains hommes d'État français. Georges Pompidou, au moment où il y avait un conflit social très important, a réuni les partenaires, les syndicats, pour trouver des solutions politiques aux raisons du mouvement lycéen et [...], notamment, du pouvoir d'achat. Je pense qu'hier Emmanuel Macron, dans son allocution, a, d'une certaine manière, remis de l'huile sur le feu, en n'apportant aucune réponse politique à la crise.
Ceux qui ont cassé, encore une fois, ce ne sont pas les manifestants qui portaient des revendications. C'étaient des membres de l'ultra-gauche, qui voulaient en découdre visiblement avec les forces de l'ordre et des délinquants d'opportunité qui sont venus pour piller. Donc, quelle réponse politique vous apportez à ces casseurs-là ?