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Manifestations du 17 octobre : comment expliquer la "perte de contrôle" des forces de l'ordre face aux débordements ?
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Comment les forces de l’ordre ont-elles pu être à ce point débordées samedi, alors que 60 000 policiers et gendarmes étaient mobilisés dans le pays ? Laurent Nuñez, dont la démission a été refusée par Emmanuel Macron, a reconnu une "perte de contrôle" dans certaines grandes villes et un "manque d’anticipation". Les effectifs étaient-ils suffisants ?L’ampleur des violences a-t-elle été sous-estimée ? Nos équipes ont cherché à comprendre les failles du dispositif.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Quatre policiers contraints de reculer face à des dizaines de manifestants à Marseille (Bouches-du-Rhône). Leur véhicule, caillassé, sous les jets de pavés et de projectiles. Ce samedi, les forces de l'ordre étaient-elles en sous-effectif ? Sur toute la France, 60 000 policiers et gendarmes ont été mobilisés. En comparaison, ils étaient 80 000 le 8 décembre 2018, jour d'importantes mobilisations des Gilets jaunes. Un écart que beaucoup, comme un syndicat de police dans le Finistère, disent avoir subi. "On a eu 35 policiers blessés samedi. On a eu quasiment 900 tirs de grenades lacrymogènes. Donc, effectivement, le dispositif était sous-dimensionné", estime Julien Le Cam, secrétaire régional du syndicat Alliance Finistère.
Mais difficile, selon un ministre, de mobiliser plus de monde pendant les vacances dans un contexte de coupes budgétaires. "On était au début des vacances, les mecs ont dû prendre leurs jours. Et ça coûte cher, si vous les rappelez, vous payez le double", glisse-t-il sous anonymat.
S'ajoute l'ampleur inattendue du mouvement : 550 000 manifestants, contre 200 000 prévus. Les services de renseignement ont-ils sous-estimé la situation ? Le ministre de l'Intérieur a présenté sa démission, refusée par Emmanuel Macron. "Le dispositif que nous avons mis en place s'est trouvé en certains endroits en asymétrie par rapport au volume de participants et de manifestants pour les cortèges normaux, mais aussi de casseurs, de pilleurs et de militants d'ultra-gauche qui ont fait dégénérer évidemment les cortèges", a reconnu ce matin Laurent Nuñez sur France Inter.
Une mobilisation marquée par des affrontements, très tôt dans la journée, et des forces de l'ordre parfois à court de munitions comme à Limoges (Haute-Vienne).
Enfin, face à eux, les agents avaient des groupes volatils avec des participants qui ont parfois diffusé les pillages sur les réseaux sociaux. Selon certains syndicats, ces plateformes jouent un rôle dans les émeutes et sont un enjeu pour les renseignements. "Toute la difficulté, notamment du recueil de renseignements aujourd'hui, elle s'insère dans la capacité, notamment de ceux qui sont venus noyauter ces cortèges de manifestants, à s'organiser sur des réseaux sociaux", pointe Didier Rendu, secrétaire général du Syndicat des cadres de la Sécurité intérieure.
Certains, comme le candidat à la présidentielle Gabriel Attal, proposent de couper les réseaux sociaux pour tenter de mettre fin aux émeutes.
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