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Pour lancer ses voitures électriques en Europe, le chinois Aito lâche Huawei au profit de Bosch
On compte près de 130 marques automobiles en Chine, et certaines ont fait le chemin jusqu’en Europe. C’est par exemple le cas de BYD, Xpeng ou encore Geely et Zeekr, pour ne citer qu’elles. On assiste d’ailleurs à une véritable invasion depuis quelques années, et elle ne fait qu’accélérer. Cela s’est notamment vu lors du dernier Mondial de l’Auto de Paris, du 12 au 18 octobre, qui a accueilli plusieurs constructeurs encore méconnus chez nous. C’est par exemple le cas d’Aito, qui avait fait ses débuts internationaux lors de l’édition 2024 du salon.
La firme, dont le nom signifie « Adding Intelligence To Auto », a officialisé au salon, le 12 octobre, son arrivée sur le Vieux Continent, prévue pour l’automne 2027. Les voitures qui viendront chez nous ne devraient toutefois pas être identiques à celles vendues en Chine, puisque les clients européens n’auraient pas droit à la technologie de Huawei à bord.
Le site chinois 36Kr, qui s’appuie sur des sources industrielles, indique en effet qu’Aito a choisi un autre partenaire pour son expansion en Europe. L’équipementier allemand Bosch aurait été retenu pour les versions internationales des Aito 6, 7, 8 et 9. Bosch fournirait les systèmes avancés d’aide à la conduite, les systèmes de châssis ainsi que le cockpit intelligent, qui comprend l’info-divertissement. Le développement a déjà commencé, avec l’objectif de proposer en série, d’ici septembre 2027, une conduite assistée sur voies rapides (NOA).
Cette annonce peut sembler surprenante quand on connaît l’histoire de la marque. La marque, lancée fin 2021, est en effet née de l’alliance entre le constructeur Seres et le géant de la tech Huawei. En Chine, c’est ce dernier qui fournit l’OS des écrans, via sa technologie HarmonyOS, mais aussi toutes les aides à la conduite avec le système Qiankun. Cet écosystème a largement contribué au succès d’Aito dans son pays natal, où la marque a vendu 420 000 voitures en 2025. Sans Huawei, quels atouts restera-t-il à la marque pour se distinguer en Europe ?
La concurrence est particulièrement rude sur notre territoire, notamment entre les marques chinoises, et de nombreux constructeurs font déjà appel à l’entreprise allemande, comme BMW ou encore Volkswagen. Difficile donc pour Aito d’apporter une valeur ajoutée. Des sources proches du projet citées par Car News China jugent pourtant le modèle « Bosch Inside » « conceptuellement similaire au modèle “Huawei Inside” ». Surtout, ce choix résulte d’une réflexion tout à fait pragmatique.
Seres, qui fabrique les Aito, travaille d’ailleurs déjà avec Bosch : les deux groupes ont signé en août 2023 un accord de coopération stratégique, qui couvrait notamment la sécurité des véhicules, les aides à la conduite et l’électrification.
Les constructeurs chinois se tournent d’ailleurs plus volontiers vers des équipementiers et fournisseurs européens pour s’implanter sur le continent, et le mouvement devrait s’amplifier puisque Bruxelles veut favoriser le contenu local dans les voitures vendues sur place. Par ailleurs, c’est aussi une question d’image. Pour séduire les clients, mais aussi les pouvoirs publics, les constructeurs ont tout intérêt à s’intégrer en travaillant avec des sociétés locales.
Pour aller plus loin
Les voitures électriques chinoises Aito arrivent en Europe, mais avec un gros manque
Pour le reste, Aito n’a encore précisé ni ses premiers marchés européens, ni les modèles du lancement, ni leurs prix. La marque, qui vend en Chine des SUV 100 % électriques et à prolongateur d’autonomie, a seulement indiqué avoir lancé la procédure d’homologation européenne de ses véhicules, un passage obligé avant toute commercialisation.
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