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Anthropic (Claude) va entrer en Bourse : le tour de passe-passe pour oublier 80 milliards de dollars de pertes
Dans un court billet publié ce lundi, Anthropic, l’entreprise derrière l’IA Claude, confirme avoir transmis à la SEC, l’autorité qui surveille les marchés financiers aux États-Unis, un formulaire S-1. Ce document est obligatoire avant de vendre des actions au grand public : l’entreprise y détaille ses comptes, ses risques et sa gouvernance. On découvre ainsi ses vrais chiffres : 16,3 milliards de dollars (environ 14,6 milliards d’euros) de chiffre d’affaires au premier semestre 2026, contre 1,2 milliard de dollars (environ 1 milliard d’euros) un an plus tôt. Son principal rival, OpenAI, prépare lui aussi son entrée en bourse.
Sur ces six mois, Anthropic affiche une perte nette de 80,7 milliards de dollars (environ 72 milliards d’euros). Ce chiffre est toutefois trompeur : 72,4 milliards de dollars correspondent à un simple jeu d’écritures comptables. Anthropic a emprunté de l’argent, notamment à Amazon, avec la promesse de le rembourser en actions. Plus l’entreprise prend de la valeur, plus ces actions promises valent cher, et plus cette dette gonfle sur le papier, sans qu’un seul dollar sorte des caisses. Si l’on regarde l’activité elle-même, Anthropic commence à gagner de l’argent : au deuxième trimestre 2026, la firme a dégagé son premier bénéfice d’exploitation, de 974 millions de dollars (environ 870 millions d’euros). Sur l’ensemble du semestre, l’exploitation reste pourtant déficitaire de 693 millions de dollars, à cause d’un premier trimestre qui a perdu 1,7 milliard.
Le statut d’Anthropic, celui de public benefit corporation (« société à mission »), l’oblige à tenir compte de l’intérêt général et pas seulement de celui de ses actionnaires. Pour s’en assurer, deux garde-fous verrouillent les décisions. D’un côté, un comité indépendant, le Long-Term Benefit Trust, dont les membres n’ont pas le droit de détenir d’actions de l’entreprise, choisit la majorité du conseil d’administration. De l’autre, les sept cofondateurs détiendront, via une société commune, une action spéciale qui, à elle seule, pèsera plus de la moitié des votes (50,1 %). Anthropic le reconnaît lui-même : les investisseurs qui achèteront des actions en bourse n’auront, en pratique, presque rien à dire sur les grandes décisions.
Le prix de l’action et le nombre de titres mis en vente ne sont pas encore connus. Goldman Sachs et Morgan Stanley pilotent l’opération, à la tête d’un groupe de 22 banques où figurent les françaises BNP Paribas, Crédit Agricole CIB et Société Générale. Les particuliers de certains pays de l’Espace économique européen et de Suisse pourront aussi acheter des actions, grâce à un prospectus européen approuvé par le régulateur financier allemand (la BaFin). Anthropic n’a pas encore dit quels pays seront concernés.
Selon les sources du Wall Street Journal, Anthropic vise une première cotation la semaine du 16 novembre. L’opération pourrait lever 100 milliards de dollars ou plus, sur la base d’une valorisation de 1 500 à 2 000 milliards de dollars. C’est près du double des 965 milliards de dollars atteints lors de sa dernière levée de fonds privée, en mai. Le dossier rendu public ce lundi avait été transmis en toute confidentialité à la SEC dès juin, et le calendrier peut encore bouger.
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J'ai rejoint officiellement Frandroid en janvier 2017. Je fais donc partie des meubles aujourd'hui en essayant de ne pas prendre la poussière. Après avoir géré quelques années l'univers smartphones et hérité du rôle de rédacteur en chef adjoint, j'ai eu l'honneur d'être nommé rédacteur en chef en 2024 pour gérer la grande équipe d'experts qui animent Frandroid. J'apprends donc une nouvelle dimension managériale sans pour autant q