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Il "était mû par la haine et il a tué pour ça" : Kévin T., suspect de l'attentat de Trappes, un profil "nourri d'idéologie raciste"
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Déclaré schizophrène, sans condamnation notable, l'homme arrêté après l'attaque à Trappes et La Verrière de vendredi a fait un mort et sept blessés. Il est décrit par son entourage comme renfermé et biberonné aux chaînes d'information en continu.
Cinq jours après l'attentat dans les Yvelines, le profil de Kévin T. se précise, bien que des points d'interrogation subsistent. Les premiers éléments de l'enquête, ainsi que des témoignages de proches, dessinent le portrait d'un homme socialement isolé, condamné pour des infractions mineures et ayant progressivement adhéré aux idées racistes. Cette haine de l'autre s'est tragiquement matérialisée à Trappes, vendredi 23 octobre, par la mort de Pengo Bossio Wangi, un Français de 26 ans d'origine congolaise.
"Le racisme tue, la haine de l'autre tue" : l'Assemblée nationale observe une minute de silence en hommage à Pengo Bossio Wangi, tué lors de l'attentat raciste de Trappes
A bord de sa Clio, un pistolet-mitrailleur entre les mains, Kévin T. a également blessé sept personnes, dont quatre grièvement, parmi lesquelles une enfant de 11 ans, à Trappes et à La Verrière. Lors de la fouille de la voiture, les policiers ont mis la main sur "un pistolet-mitrailleur (...) calibre 9 mm, ainsi que plusieurs éléments d'armes et de munitions, en particulier des chargeurs et un pointeur laser, un couteau, une bombe lacrymogène, une paire de menottes, un brassard POLICE", a listé le procureur national antiterroriste, Olivier Christen. Kévin T. avait aussi piégé son appartement avec des bouteilles de gaz et des fils électriques connectés à un minuteur.
Une enquête a été ouverte pour "assassinat et tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste en raison de l'appartenance vraie ou supposée à une prétendue race, ethnie ou religion". Lundi, Olivier Christen a expliqué lors d'une conférence de presse que "le profil de la majorité des victimes et certains propos" tenus par le mis en cause avaient conduit le Parquet national antiterroriste (Pnat) à retenir la circonstance aggravante du racisme.
Kévin T. "ne conteste pas la matérialité des faits", mais "le caractère raciste de ses crimes", a restitué Olivier Christen. Interrogé par Le Courrier de l'Atlas, Yassine Bouzrou, avocat de la famille de Pengo Bossio Wangi, insiste pour que "le mobile raciste et la qualification terroriste [restent] au cœur de l'enquête". Il "était mû par la haine, le racisme, et il a tué pour ça", a estimé lundi sur RMC/BFMTV le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez. Selon une source proche du dossier, le suspect a par ailleurs évoqué les violences du 17 octobre lors de son arrestation.
Les circonstances de son passage à l'acte doivent toutefois être affinées par les enquêteurs, au regard, notamment, de ses problèmes psychiatriques. Son parcours idéologique sera aussi passé au crible, d'autant qu'il ne semble pas avoir été linéaire.
La vie de Kévin T., 39 ans, s'est enracinée dans un périmètre restreint des Yvelines. Il est né à Saint-Cyr-l'Ecole, était domicilié à Plaisir, mais a aussi habité à Guyancourt. Dans cette ville située à 20 km au sud-ouest de Paris, l'homme sympathise avec des locataires de sa résidence, avec qui il cultive un potager, ont rapporté l'AFP et Mediapart. Selon le média d'investigation, de cet intérêt pour le jardinage vont naître des amitiés, qui dureront plusieurs années, et un groupe de discussion nommé le "gang du potager".
Interrogés par le média d'investigation, quatre de ses amis du "potager" ont dépeint un homme qui a basculé dans un discours raciste depuis un peu moins de dix ans, avec pour carburant les chaînes d'information en continu. La télévision en permanence allumée, il boit les paroles sur l'immigration de certains responsables politiques. Progressivement, tout devient, pour lui, "la faute des étrangers", a expliqué l'une de ses anciennes voisines de Guyancourt, d'origine algérienne. Certa