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TEMOIGNAGES. "On a toujours l'impression de déranger" : après l'attentat de Trappes, des personnes racisées racontent la peur et les discriminations
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L'attentat raciste survenu à Trappes a ravivé dans l'esprit de nombreuses personnes noires, arabes ou encore asiatiques les angoisses et les micro-agressions qu'elles subissent régulièrement en France.
"Quand je rencontre des personnes blanches, je me sens obligé de dire que je suis un arabe gentil." Nacim, 16 ans, s'inquiète de la montée du racisme en France. Comme des milliers de personnes rassemblées partout en France, il s'est rendu, lundi 26 octobre, à Paris, au rassemblement en soutien aux victimes de l'attentat raciste de Trappes qui a coûté la vie à Pengo Bossio Wangi. Nacim, citoyen marocain, évoque les "contrôles au faciès" dans le métro et le "sentiment de ne pas être le bienvenu" en France.
Ali Rabeh, le maire de Trappes, témoigne lui aussi de ces situations de discrimination dans sa ville. Face à Emmanuel Macron, l'élu du parti Génération.s a évoqué la peur et le sentiment de vulnérabilité ressentis par une partie de ses habitants après l'attentat. L'édile a également confié avoir lui-même été confronté à des insultes et à des menaces racistes. "Depuis que je la porte [mon écharpe de maire], je n'ai jamais autant entendu que j'étais un 'Français de papier', que je 'mérite une balle', 'd'être expulsé'", a-t-il expliqué.
Après l'attentat, Serge Ouattara Oule, étudiant de 24 ans et co-président de SOS Racisme Gironde, a été envahi par l'effroi. Avant de se rendre au rassemblement organisé lundi à Bordeaux, le jeune homme a même redouté de sortir dans la rue. "J'avais peur, je me disais que des personnes pouvaient m'attaquer uniquement parce que je suis noir", témoigne-t-il. L'étudiant décrit une hypervigilance permanente : regarder autour de soi, surveiller les personnes qui s'approchent, réfléchir à ses déplacements et anticiper les risques.
Lya, 16 ans, a elle découvert la nouvelle devant sa télévision, chez sa grand-mère. Métisse, la lycéenne a immédiatement ressenti de la stupeur, puis de l'indignation. "Je me suis dit que là, le pays prenait un tournant qui m'inquiétait", raconte-t-elle.
"J'ai l'impression qu'en France, ce n'est plus une honte d'être raciste."
Pour l'adolescente, le plus inquiétant est de constater que le racisme ne se limite pas aux agressions physiques ou aux insultes proférées dans la rue. Il se manifeste aussi dans des comportements ordinaires, parfois présentés comme de simples plaisanteries. Et de raconter avoir subi des humiliations, au sein de son lycée privé, à Monaco, où la majorité de ses camarades étaient blancs et issus de milieux favorisés.
"Pour eux, c'était normal d'imiter des coups de fouet, de me frapper et de me dire : 'Allez esclave'. Pour eux, c'était de l'humour."
Ces exemples de racisme trouvent un écho dans les données : en 2025, 16 485 infractions à caractère raciste, xénophobe ou antireligieux sur le territoire français ont été recensées par le ministère de l'Intérieur. Les injures, provocations, menaces et diffamations représentent une part importante des faits enregistrés.