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ENQUETE FRANCEINFO. La police a-t-elle coopéré avec des militants d'ultradroite à Montpellier lors de la manifestation du samedi 24 octobre ?
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De nombreuses publications sur les réseaux sociaux accusent les policiers d'avoir protégé et laissé agir ces groupes. Si l'exécutif nie toute accointance entre forces de l'ordre et militants, franceinfo a recueilli plusieurs témoignages et images qui suggèrent le contraire.
Le député de La France insoumise Thomas Portes l'affirme : il y a eu une "connivence entre les CRS et les militants fascistes" pendant la manifestation du samedi 24 octobre à Montpellier. Depuis plusieurs jours, des vidéos largement relayées sur les réseaux sociaux montrent des groupes d'hommes agresser des manifestants dans les rues de Montpellier, sans être inquiétés par la police. Plusieurs personnalités politiques ont relayé ces vidéos. Le maire socialiste de Montpellier, Michaël Delafosse, a de son côté "condamné" sur X les agissements d'"une milice d'extrême droite [qui] a fait usage de la violence contre des manifestants".
Le ministère de l'Intérieur a confirmé dimanche que "dans plusieurs villes dont (...) Montpellier, des groupes de militants d'ultradroite ont été vus. Ils se sont donné pour mission de protéger les commerces et plus fréquemment en réalité ont cherché l'affrontement avec les militants d'ultragauche". Le même jour, la préfète de l'Hérault a annoncé sur X avoir "saisi le procureur de la République", tout en affirmant que "les forces de l'ordre sont intervenues à plusieurs reprises pour disperser ces groupes et éviter les affrontements". Le parquet de Montpellier a fait savoir lundi qu'une enquête avait été ouverte pour identifier les individus "en civil commettant des violences à l'encontre d'autres groupes".
Interrogé lundi à ce sujet sur BFMTV, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a assuré, qu'"à aucun moment la police n'a protégé" des militants d'ultradroite et que ces derniers n'ont "à aucun moment (...) travaillé en concertation avec des policiers et des gendarmes". Plusieurs témoignages et images recueillis par franceinfo suggèrent pourtant le contraire.
L'histoire commence avec un appel à "défendre les commerçants" lors des prochaines manifestations. Cette initiative a été lancée sur Instagram le 18 octobre, au lendemain de la première manifestation contre la vie chère, émaillée de nombreux pillages contre des magasins. A l'origine de cet appel, l'influenceur fitness montpelliérain Charlie M., alias Alpharise, a créé un site permettant de rejoindre des groupes Telegram dans de nombreuses villes de France, dont Montpellier, explique France 3 Occitanie.
Sur la messagerie chiffrée, les consignes, consultées par franceinfo et révélées par le média local anticapitaliste Le Poing, sont données pour le jour J : "Rester calmes, visibles et polis. Aucune arme ni objet pouvant servir d'arme. Aucune violence, insulte ou provocation". Il est préconisé aux participants de porter un tissu blanc, un signe de ralliement pour montrer "aux forces de l'ordre et aux passants que nous sommes là pacifiquement", est-il écrit dans la "foire aux questions" du site. Pourtant, plusieurs de ces personnes arborant un foulard blanc ont été impliquées dans des affrontements à Montpellier le 24 octobre.
Une première vidéo, tournée rue de la Loge, diffusée sur les réseaux sociaux et authentifiée par franceinfo, en atteste. Sur les images, tournées à 16h34, un groupe d'une dizaine d'hommes est filmé dans cette rue commerçante. Certains sont cagoulés et arborent le fameux foulard blanc. Ils invectivent les manifestants situés à quelques mètres, place de la Comédie. Puis on voit le groupe resté devant le cordon de CRS frapper un homme et certains de ses membres jeter des projectiles sur le reste de la foule. L'un d'eux est muni d'une matraque télescopique. Il y a des échanges de coups. Les manifestants reculent.
Les militants fascistes ont attaqués des manifestants rue de la Loge sous les yeux de la police, quand les manifestants ont répliqués, la police a chargé pour les pro