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« C'est l’équivalent de 700 000 foyers » : OpenAI accepte de rationner l'électricité dans ses data centers lors des pics de demande
OpenAI lance un programme pour réduire la consommation de ses futurs centres de données lors des pics de demande électrique. En Géorgie, un premier accord prévoit jusqu'à 1 000 MW de puissance modulable, soit l'équivalent de la consommation de centaines de milliers de foyers américains. Une promesse ambitieuse, qui reste à éprouver.
Un centre de données capable de réduire sa demande électrique de 1 000 MW lorsque le réseau est sous tension : c'est l'engagement pris par OpenAI pour son futur campus de Géorgie, aux États-Unis. Un accord conclu dès juillet, que l'entreprise souhaite désormais prendre comme modèle pour ses autres installations.Dans une annonce publiée le 2 novembre, OpenAI présente Grid Protectors, un programme destiné à rendre ses futurs centres de calcul plus flexibles. L'objectif : permettre aux fournisseurs d'électricité de réduire temporairement l'alimentation des sites lors des pics de demande.
Le principe repose sur l'effacement de consommation, un mécanisme auquel Google s'intéresse également pour répondre aux besoins électriques de ses centres de données. Plutôt que de produire davantage d'électricité lors des pics, les fournisseurs peuvent demander à certains gros consommateurs de réduire temporairement leurs besoins.En Géorgie, le futur campus d'OpenAI pourrait nécessiter jusqu'à 3,2 GW de puissance électrique. L'accord conclu avec Georgia Power autorise le fournisseur à réduire l'électricité livrée au site de 1 000 MW lors des périodes de forte demande. Selon OpenAI, cette puissance correspond à la consommation moyenne d'environ 700 000 foyers américains, sans pour autant leur être directement redistribuée.
OpenAI veut étendre ce principe à ses futurs centres de données, selon des modalités négociées avec chaque fournisseur : quantité d'électricité concernée, rapidité et durée de la réduction. L'entreprise envisage aussi, selon les installations, des batteries et des moyens de production sur place.
L'enjeu est également financier, mais aussi une question d'image. Alors qu'OpenAI cherche déjà à présenter ses immenses centres de données comme des « campus IA », l'entreprise doit répondre aux inquiétudes concernant leur consommation électrique. Leur multiplication impose de renforcer les infrastructures, avec le risque d'en faire supporter une partie du coût aux autres consommateurs.En Géorgie, OpenAI s'est contractuellement engagée à prendre en charge l'ensemble des coûts d'infrastructure et d'alimentation électrique liés à son installation. Cet accord a été approuvé par la Georgia Public Service Commission, le régulateur de l'État.
Sur le papier, le dispositif semble prometteur. Mais il reste à voir comment ces réductions de consommation pourront être mises en œuvre sans perturber le fonctionnement des centres de données.L'entreprise reconnaît d'ailleurs que cette flexibilité ne remplacera pas les investissements nécessaires dans la production d'électricité et les réseaux. Selon elle, elle pourrait néanmoins aider à soulager ces derniers lors des pics de demande.En bref, alors que l'IA mobilise et cherche à sécuriser toujours plus de puissance de calcul, les géants de cette nouvelle économie vont aussi devoir apprendre à faire des concessions pour être acceptés auprès des populations locales.