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Non, le chinois JD.com ne rachète pas la Fnac, mais il entre bien à son capital
Sur X, on peut lire ce mardi 3 novembre que l’Union européenne laisse le géant chinois JD.com racheter le deuxième actionnaire de Fnac Darty. Une publication qui laisse comprendre à une partie des internautes que JD.com mettait la main sur la Fnac.
Or Fnac Darty ne change pas de propriétaire : JD.com rachète en réalité l’allemand Ceconomy, maison mère des enseignes MediaMarkt et Saturn, qui détient 21,95 % du capital du groupe français.
La Commission européenne a bien validé ce mardi le rachat de Ceconomy par JD.com, une opération à plus de 2,2 milliards d’euros. Fondé à Pékin en 1998, JD.com fait partie des plus gros vendeurs en ligne de Chine et cherche depuis plusieurs années à s’étendre hors de son marché. Il s’est lancé en France au mois de mars 2026 avec sa plateforme JoyBuy.
Avec Ceconomy, il récupère l’un des premiers distributeurs d’électronique d’Europe, et au passage sa participation dans Fnac Darty. JD.com devient donc le deuxième actionnaire indirect de l’enseigne, derrière le milliardaire tchèque Daniel Kretinsky, qui en détient 28,5 %.
Bruxelles a pris son temps. En mai, la Commission avait ouvert une enquête approfondie au titre du règlement sur les subventions étrangères. Ce texte, en vigueur depuis juillet 2023, lui permet de bloquer un rachat financé par les aides publiques d’un pays hors de l’Union.
Elle soupçonnait JD.com d’avoir reçu de Pékin des prêts à taux préférentiel, des avantages fiscaux et des subventions, qui l’auraient aidé à payer Ceconomy plus cher. Ces aides pouvaient aussi permettre à MediaMarkt et Saturn de casser les prix face à leurs concurrents européens. D’où une autorisation donnée « sous haute surveillance », selon Les Échos.
Pour obtenir ce feu vert, JD.com a pris deux engagements détaillés par la Commission :
Avec ces garde-fous, la Commission estime que le risque de distorsion de concurrence est écarté. JD.com vise une finalisation du rachat d’ici au 12 novembre.
JD.com n’aura pas pour autant son mot à dire sur la stratégie de la Fnac.
En janvier, Daniel Kretinsky a lancé une offre publique d’achat (une proposition faite à tous les actionnaires de racheter leurs titres) pour dépasser 50 % du capital. Avec la majorité, il empêcherait de fait JD.com de peser dans les décisions du groupe. La Commission a autorisé cette offre le 20 octobre, au prix de 35 euros par action après le versement d’un dividende de 1 euro.