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Actualité : Space Force : le Pentagone déclare la Lune champ de bataille et prépare cinq satellites pour 2029
Il fut un temps où un général de la Space Force se faisait demander de ne pas parler d'espace cislunaire. Aujourd'hui, le Pentagone sonde l'industrie pour cinq satellites militaires entre la Terre et la Lune, et ses plus hauts gradés parlent de champ de bataille.
© U.S. Air Force / Chad Trujillo - Le général Stephen Purdy, alors conseiller du secrétaire de l’Armée de l’air pour les acquisitions spatiales, lors d’un discours au 41e Space Symposium de Colorado Springs, le 15 avril 2026.
Le 2 novembre 2026, le département de l'Armée de l'air américaine a publié sur le site des marchés publics fédéraux un appel à renseignements pour un système spatial cislunaire, c'est-à-dire déployé dans la région qui s'étend de l'orbite terrestre jusqu'à la Lune. Il prévoit jusqu'à cinq satellites, prêts à partir fin 2029. Aucun contrat n'est encore attribué.
Derrière ce document administratif, une idée s'installe au sommet de l'armée américaine : l'espace entre la Terre et la Lune entre dans le périmètre de la défense, avec un calendrier, des industriels sollicités et des généraux qui parlent de champ de bataille.
L'avis décrit des engins qui serviraient de véhicules d'amorçage à une future constellation. Chacun comprendrait un bus satellite, une charge utile fournie par l'État et son intégration, avec un segment sol et une solution de lancement pour l'ensemble. Le Pentagone envisage jusqu'à cinq contrats d'études à prix ferme, réclame une solution rapide et à faible risque, et se dit “notionnellement” intéressé, une formule prudente qui n'engage à rien.
Selon Air & Space Forces Magazine, les premières études pourraient être financées dès début 2027, avec des satellites prêts au lancement fin 2029 et une exploitation en 2031. Entre l'avis et le début des opérations, il reste donc plus de quatre ans.
Calendrier envisagé par le Pentagone pour ses cinq satellites, de l’avis du 2 novembre 2026 à un début d’exploitation en 2031. Un appel à renseignements ne vaut pas commande : les dates peuvent changer.
Le document ne détaille pas les instruments embarqués. Les responsables citent la surveillance de l'espace, la navigation et les communications, et l'avis demande des moteurs capables de maintenir l'engin à poste et de changer d'orbite. Le général Stephen Purdy, qui pilote ces programmes à la Space Force, réclame aussi des satellites dotés d'intelligence artificielle, capables de gérer seuls leurs pannes, leurs calculs et leurs capteurs.
La militarisation de l'espace dépasse la seule région cislunaire, comme le montre le projet américain de bouclier antimissile spatial voulu par Donald Trump.
Le volume en jeu est colossal. D'après une fiche du laboratoire de recherche de l'armée de l'air, cette région représente 1 728 fois le volume de l'orbite géostationnaire, où évoluent déjà de nombreux satellites de télécommunications et de météorologie.