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Comment l’Europe va-t-elle rester en orbite après l’ISS ? L’ESA doit trancher entre ces 3 scénarios
Alors que la Station Spatiale internationale (ISS) vit ses dernières années, l’Europe doit décider d’ici à quelques semaines comment elle compte maintenir une présence en orbite. Car l’enjeu est aujourd’hui crucial.
C’est désormais acté : l’ISS sera désorbitée au début des années 30. Si les Américains travaillent sur des stations privées, le Vieux Continent, lui, doit réfléchir à la manière dont il devra s’adapter à cette nouvelle réalité.
D’autant que les signaux venus d’outre-Atlantique ces derniers temps sont peu favorables. Après avoir renoncé à la station lunaire Gateway, dans laquelle l’Agence spatiale européenne (ESA) avait investi des centaines de millions d’euros. Jared Isaacman, le patron de la NASA, a remis en cause ses partenariats dans le cadre du programme Artemis. Il y a urgence.
Et justement. Les États membres de l’ESA se retrouveront à Rome ce 15 décembre pour une réunion exceptionnelle, organisée en dehors du rendez-vous ministériel qui a lieu habituellement tous les trois ans. À l’ordre du jour : choisir entre trois voies très différentes pour garder un pied en orbite basse après l’ISS, rapporte Space News.
La première est aussi la plus simple : acheter l’accès. L’Europe n’investirait pas dans sa propre infrastructure et paierait pour envoyer ses astronautes et mener ses expériences à bord des stations commerciales, principalement américaines. D’ailleurs, l’agence a déjà préparé le terrain en signant des accords avec Axiom Space, Starlab, Vast et Blue Origin.
Mais la facture est très salée. Plusieurs pays européens, dont la Suède, la Hongrie et la Pologne, ont déjà opéré ou prévu des vols auprès d’Axiom, et y ont consacré entre 45 et 100 millions de dollars par mission. Au total, Josef Aschbacher, le directeur général de l’ESA, estime ce scénario à environ 5 milliards d’euros sur dix ans. Et surtout, l’Europe resterait dépendante de fournisseurs étrangers.
Ainsi, la deuxième option est un entre-deux. L’Europe s’appuierait toujours sur une station commerciale, mais financerait une partie de l’infrastructure nécessaire comme le transport de fret. L’Europe y gagnerait en autonomie mais dépendrait malgré tout des capacités d’accueil de l’infrastructure tierce.
La piste la plus ambitieuse consisterait à bâtir une station européenne. Deux consortiums menés par les industriels Airbus et OHB étudient sa faisabilité depuis juin, avec des coûts très encadrés : le système initial coûterait moins d’1 milliard d’euros par période de financement de trois ans, avec deux périodes au maximum, puis 650 millions d’euros par an pour la faire fonctionner. L’Europe y trouverait le plus de contrôle et de retombées industrielles, mais s’engagerait dans l’effort financier le plus lourd.
Mais la question de la souveraineté est majeure, comme le répète Josef Aschbacher depuis des mois. Sans accès autonome à l’espace, elle s’expose à des coûts et à des incertitudes qu’elle ne maîtrise pas. Pendant ce temps, les acteurs locaux ne restent pas les bras croisés. Le 10 septembre dernier, l’ESA a confié à la jeune pousse The Exploration Company un contrat pour sa capsule Nyx. Si elle sera avant tout dédiée au transport de cargo, son architecture a été pensée pour devenir certifiable, à terme, pour le vol habité.
Elle n’est pas la seule sur le coup. En Espagne, la start-up PLD Space travaille elle aussi sur une capsule baptisée LINCE, preuve que plusieurs acteurs européens se positionnent déjà sur l’avenir. Reste à voir quel chemin l’ESA empruntera.