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Le télescope spatial James-Webb confirme un âge extraordinaire pour la comète interstellaire 3I/Atlas
La composition de la comète interstellaire 3I/Atlas se précise grâce à la radioastronomie. Elle est anormalement bourrée d'alcool et contient un célèbre poison violent, nous disent les observations d'Alma, au Chili.... Lire la suite
Les objets interstellaires qui traversent le Système solaire sont fascinants. Ils nous permettent d'imaginer, dans un futur proche, des missions avec des retours d'échantillons qui viendraient donc d'autres systèmes stellaires et planétaires. En attendant, les observations du James-Webb nous donnent tout de même des indications sur leur composition et leur origine.
[EN VIDÉO] Dans ce petit film, nous vous racontons l’histoire de la comète interstellaire 2I/Borisov. Une histoire qui débute, pour nous Terriens, fin août 2019 quand nous l’avons croisée du regard pour la première fois, mais qui a commencé il y a des dizaines ou des centaines de millions d’années, voire même plus… car nous ne connaissons pas encore l'âge de cet objet venu d’ailleurs.
On sait que l'on a découvert depuis quelques années de mystérieux astres que l'on considère quand même comme des comètes ou des astéroïdes interstellaires. Le dernier en date est la comète 3I/Atlas, débusquée le 1er juillet 2025 grâce au télescope Atlas (Asteroid Terrestrial-impact Last Alert System), au Chili.
Comme ses deux prédécesseurs, 1I/'Oumuamua en 2017 et 2I/Borisov en 2019, nous savons qu'il ne s'agit pas d'un objet issu de notre Système solaire, car 3I/Atlas se déplace bien trop rapidement (environ 220 000 km/h) et sur une trajectoire hyperbolique qui l'empêche donc d'être un satellite du Soleil.
Elle a probablement été éjectée d'un autre système stellaire, mais quand ?
Une équipe d'astrophysiciens propose une réponse dans un article publié dans la prestigieuse revue Nature Astronomy. Selon eux, 3I/Atlas pourrait s'être formée il y a plus de 11 milliards d'années, donc avant même que ne commence à naître le Système solaire. Comment ont-ils fait pour arriver à cette conclusion ?
La réponse est l'application de lois connues de la cosmochimie à l'interprétation des observations faites avec le télescope spatial James-Webb. En l'occurrence, il s'agissait d'en tirer le rapport d'abondance de deux isotopes de l'hydrogène bien connus, H avec un seul proton dans son noyau et D, le deutérium qui contient un proton et un neutron dans son noyau.
Rapports D/H dans le Système solaire et dans des sources extrasolaires. © Roth et al., Nature Astronomy, 2026
Le rapport deutérium/hydrogène mesuré dans le méthane dégazé des glaces de 3I/Atlas, chauffées par le rayonnement du Soleil, est environ 13 fois supérieur à celui observé dans la désormais mythique comète 67P/Tchourioumov-Guérassimenko, lors de la tout aussi mythique mission Rosetta.