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100 millions d’euros de dettes : l’une des plus vieilles marques de vélo est menacée
Les temps sont agités ces derniers jours dans le monde du vélo électrique et mécanique. Outre l’avenir des marques du groupe Accell et la startup française Bastille, Bianchi entre aussi dans une période délicate. Selon Escape Collective, qui a révélé l’information ce lundi 2 novembre, la firme italienne née en 1885 a obtenu la protection de la justice face à ses créanciers. Sa demande de composizione negoziata della crisi, une procédure de règlement négocié prévue par le droit italien et plus proche de notre conciliation que d’un redressement judiciaire, a été publiée le 30 septembre 2026 au registre des entreprises.
Bianchi a confirmé la procédure à Escape Collective, en précisant avoir engagé « une réorganisation opérationnelle et financière dans un cadre protégé ». La marque de vélos transalpine, spécialisée dans les modèles de route, ajoute avoir fait face à « plusieurs années de pertes financières et de défis opérationnels ».
Tony Grimaldi attribue cette situation à des investissements « dans trop de domaines en même temps ». Fils du propriétaire Salvatore Grimaldi (groupe suédois Grimaldi Industri), il a été nommé CEO par intérim en juin dernier ; Bianchi a connu quatre CEO ou directeurs généraux différents depuis 2021.
Les documents déposés par l’entreprise en Italie, en Suède et au Royaume-Uni, épluchés par Escape Collective, montrent ce que recouvrent ces « trop de domaines » : une nouvelle usine, de nouvelles gammes de vélos électriques et le rachat de distributeurs étrangers déficitaires, au moment même où le marché du vélo croulait sous les stocks. Tony Grimaldi le reconnaît d’ailleurs, on ne peut pas « tout faire partout », surtout sur un marché en surabondance.
Bianchi a perdu environ 28 millions d’euros entre 2023 et 2025, selon les documents comptables consultés par Escape Collective. Fin 2024, date de ses derniers comptes complets, elle devait environ 100 millions d’euros à ses créanciers. Tony Grimaldi assure que la procédure a déjà permis « un dialogue très constructif avec les banques », auxquelles l’entreprise doit 64,3 millions d’euros.
Pour les propriétaires d’un Bianchi, il n’y a pas d’urgence immédiate : Escape Collective estime que la marque n’est pas menacée de faillite à court terme, mais qu’elle doit redresser la barre rapidement. Le groupe Grimaldi connaît d’ailleurs ce type de négociation : en 2024, c’est lors d’une conciliation avec ses banques en France qu’il a cédé l’usine Cycleurope de Romilly-sur-Seine et la marque Gitane au groupe Rebirth, comme le racontait Bike Europe.
Pour mesurer l’ampleur du trou, la F.I.V. Edoardo Bianchi, l’entité historique de la marque, a réalisé 114,4 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024, pour une perte nette de 7,7 millions d’euros, selon les données du registre italien des entreprises relevées par Cyclinside. La dette représente donc presque une année de ventes.
Cette protection, confirmée par la justice italienne, laisse à Bianchi jusqu’à fin janvier 2027, et au plus tard fin mai 2027, pour trouver un nouvel accord avec les banques et les fournisseurs auxquels elle doit de l’argent.
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