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Colonisation du Système solaire : Trump proclame la supériorité spatiale des États-Unis "pour l’éternité"
Donald Trump ouvre le Système solaire à la colonisation par les Américains dans un texte qui, s’il est surtout symbolique, en dit long sur la vision du président des États-Unis.
Plutôt que de contempler le sacré revers pris par le camp républicain aux élections de mi-mandat, le magnat de l’immobilier a tourné son regard vers les étoiles. Ce 3 novembre, il a en effet signé une proclamation baptisée « Déclaration américaine de liberté dans l’espace ». Et ça vaut clairement le coup d’œil.
Le texte tient en quelques paragraphes, mais son message est on ne peut plus ambigu. Car s’il assure que le Système solaire et tout l’espace au-delà de la Terre sont « la province de tous les humains », il ajoute aussitôt qu’ils sont « ouverts à l’exploration, au développement, à l’utilisation et à l’établissement d’une présence permanente par les citoyens américains ».
Surtout, il met en avant l’idéologie défendue par le républicain, puisqu’il est question de « forger une civilisation interplanétaire fondée sur les droits durables et inaliénables de la liberté et de la liberté individuelle ». Trump promet, en outre, d’emporter dans l’espace les « valeurs sacrées de foi et de liberté » du pays, « partout où nous irons ». Il cite, évidemment, les premiers pas d’Apollo 11 sur la Lune, mais aussi les rovers sur Mars et la récente mission Artemis II.
Trump va encore plus loin en promettant » la supériorité spatiale américaine pour l’éternité », et affirme que « la nation qui mène dans l’espace façonnera l’avenir de l’humanité ». Cette nation, précise-t-il, « sera les États-Unis d’Amérique ».
« Nous retournerons sur la Lune d’ici 2028 », écrit le président, qui veut aussi « poser les bases d’une présence lunaire américaine permanente ». C’est, on le rappelle, l’un des grands objectifs de ce second mandat. La NASA a d’ailleurs accéléré son programme Artemis récemment pour y parvenir, alors que la Chine vise aussi un alunissage avant 2030.
Mais ce n’est pas tout, Donald Trump explique vouloir « hâter le jour où un Américain sera le premier humain à fouler les dunes rouges de Mars ». La convergence avec Elon Musk est évidente, lui qui ambitionne d’installer une colonisation d’1 million de personnes sur notre voisine. Un projet qui est aujourd’hui totalement irréalisable.
Par ailleurs, cette ambition démesurée semble en contradiction avec le Traité de l’espace de 1967, qui garantit à tous les pays la liberté d’explorer l’espace, mais établit que la Lune et les autres corps célestes ne peuvent faire l’objet d’aucune « appropriation nationale par revendication de souveraineté ». Les Accords d'Artemis, signés en 2020, prévoient en outre que l’extraction de ressources spatiales ne constitue pas une appropriation nationale. Dans ce contexte, les mots forts de Donald Trump détonnent, sans vraiment surprendre.