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Que sait-on des effets sur la santé des gaz lacrymogènes utilisés par les forces de l'ordre dans les manifestations ?
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Ces armes intermédiaires sont soupçonnées d'être à l'origine de troubles menstruels et de divers effets néfastes sur l'organisme. Mais en l'absence d'études épidémiologiques, les connaissances scientifiques actuelles ne permettent pas d'établir un lien de causalité.
Depuis le début du mouvement social en France, les témoignages inquiets se multiplient autour des effets sur la santé des gaz lacrymogènes. "Première fois de ma vie que j'ai dû taper 'lacrymo allaitement' dans mon moteur de recherche en rentrant de manif'", a écrit sur X Marine Tondelier, au lendemain de la manifestation du samedi 31 octobre.
Déplorant le peu d'études scientifiques sur les effets de l'exposition au gaz lacrymogène, la candidate écologiste à l'élection présidentielle a demandé "au gouvernement de commander une étude scientifique pour évaluer la dangerosité des gaz lacrymogènes et leur impact sur notre santé". Avant elle, le collectif Lacrymos de sang a recueilli au mois d'octobre plus de 10 000 témoignages de personnes menstruées qui ont fait état d'effets sur leur cycle après une exposition au gaz lacrymogène.
Dans ce sillage, plusieurs femmes ont témoigné fin octobre auprès de franceinfo de retards de règles et de douleurs inhabituelles, après avoir été exposées lors de manifestations. Interrogé à ce sujet lundi lors d'une audition sur le budget 2027, Laurent Nuñez a répondu qu'il n'avait "pas connaissance du caractère nocif des gaz lacrymogènes, qui est l'armement intermédiaire de base". "Donc, je ne suspendrai pas par principe de précaution l'utilisation des gaz lacrymogènes", a ajouté le ministre de l'Intérieur.
Les inquiétudes ne concernent pas seulement les potentiels effets de ces gaz sur le cycle menstruel. Le 17 octobre, un manifestant est mort aux abords du cortège parisien. La famille de Christophe M. a déposé une plainte dans laquelle elle demande que les analyses complémentaires de son autopsie "portent sur les éventuels effets du gaz lacrymogène sur (son) état", a annoncé son avocat sur X, le 28 octobre. Rien ne permet toutefois à ce stade d'établir un lien entre une éventuelle exposition au gaz lacrymogène et sa mort.
Les effets immédiats de l'exposition aux gaz lacrymogènes sur l'être humain sont documentés par plusieurs études scientifiques, mais la recherche reste largement insuffisante. Le 2-chlorobenzylidène malononitrile (ou gaz CS), la substance chimique de cette arme, est utilisé "pour faire fuir les personnes exposées, en activant une réaction de douleur, notamment au niveau des voies respiratoires et des yeux", rappelle le toxicologue Fabrizio Pariselli, directeur de l'unité prévention du risque chimique au CNRS.
Ce produit a également un effet irritant. Il se manifeste sur les yeux, la peau et les voies respiratoires, selon la fiche toxicologique de l'Institut national de recherche et de sécurité (INRS). Des troubles digestifs et des maux de tête peuvent parfois également être ressentis, précise l'INRS. Si ces symptômes diminuent "en quelques heures", "des effets plus prolongés sur la peau et l'œil ne sont pas impossibles", détaille l'institut. "Au niveau respiratoire, les effets d'irritation peuvent rester plusieurs jours, voire plusieurs semaines", ajoute Fabrizio Pariselli.
Les effets néfastes sur la santé après une exposition aux gaz lacrymogènes dépendent notamment de la quantité et de la durée d'exposition, explique l'agence britannique de sécurité sanitaire. "Une exposition prolongée à de grandes quantités de gaz CS (...) dans un espace confiné, peut entraîner des lésions pulmonaires. Des blessures physiques aux yeux peuvent survenir si du gaz CS est pulvérisé directement à très courte distance". En cas de disparition des symptômes rapidement après exposition, "les effets sanitaires à long terme sont peu probables", écrit de son côté l'agence de santé publique américaine (CDC).
Peu d'études récentes se sont cependant intéressées aux