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Actualité : Anthropic dépense 3 milliards d'euros pour faire tourner Claude avec du gaz fossile, malgré la contestation grandissante autour de l'impact écologique des centres de données IA
Anthropic a conclu un accord de 3,4 milliards de dollars, soit environ 3,05 milliards d'euros, pour alimenter ses centres de données avec 1,7 GW de générateurs au gaz. Et ce alors qu'aux États-Unis, la grogne monte autour de ces installations.
Selon le Financial Times, Anthropic a repris des commandes de générateurs au gaz Caterpillar passées deux ans auparavant par OnePWR Solutions, alors que cette entreprise située au Texas cherchait des financements pour finaliser l'achat.
Le laboratoire à l'origine de Claude comptait simplement acheter de l'électricité à OnePWR Solutions. Mais Anthropic a finalement préféré reprendre directement les commandes de générateurs auprès de Caterpillar, avec les prestations d'ingénierie et de construction exigées pour l'installation. En clair, Anthropic a sécurisé des équipements déjà commandés pour produire sa propre électricité On ne sait pas encore où ces générateurs seront installés.
Le Financial Times parle du plus gros achat d'équipements de production électrique par un laboratoire IA. Anthropic prépare également son introduction en Bourse avec 895,4 milliards de dollars d'engagements pour le calcul et les infrastructures, soit environ 802 milliards d'euros.
Le choix du gaz pose évidemment un gros problème environnemental. Selon une analyse de 74 centrales au gaz prévues pour alimenter directement les centres de données, leurs émissions annuelles pourraient atteindre 662 millions de tonnes de gaz à effet de serre.
Et ces installations séduisent d'autant plus les entreprises IA qu'elles permettent de contourner la longue attente pour le raccordement au réseau électrique. Bref, une aubaine pour ces sociétés pressées d'ajouter de la puissance.
Il y a un paradoxe clair dans le choix d'Anthropic puisque, dans son dossier boursier, le laboratoire IA prévient que la ruée vers le gaz des centres de données "pourrait faire grimper le prix du gaz naturel" dans certaines régions.
L'entreprise a également conscience du risque de pénurie et de saturation des gazoducs. Pourtant, cela ne l'empêche pas, quelques jours plus tard, d'engager plusieurs milliards pour sécuriser ses propres générateurs. Et puis n'oublions pas que la population rejette cette installation frénétique de ces centres de données près de chez elle et que la grogne est transpartisane. On la trouve aussi bien chez les démocrates que les républicains.
Les centres de données furent d'ailleurs l'un des sujets majeurs lors des élections de mi-mandat pendant lesquelles les démocrates ont repris le contrôle du Congrès et remporté plusieurs États stratégiques. Selon Goldman Sachs, la victoire des démocrates pourrait affecter temporairement environ 45 % de la croissance prévue des capacités des centres de données aux États-Unis.
Juste après le scrutin, les actions de plusieurs entreprises exposées aux centres de données se sont effondrées. Preuve que les premiers effets se font ressentir alors que les banques se montrent désormais frileuses pour financer des centres données.
Comme expliqué précédemment, la fabrication de gros générateurs demande plusieurs années que les centres de données refusent d'attendre. Le transfert de commandes déjà placées chez Caterpillar permet au créateur de Claude d'augmenter plus rapidement sa puissance.