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TÉMOIGNAGE. "On est complètement sinistrés" : un habitant du Porge retrouve son lieu de travail détruit par les flammes
Les habitants du Porge commencent à retourner dans leur commune, après le passage destructeur de l'incendie qui embrase la Gironde depuis mercredi. Chez certains, le sentiment d'abandon prédomine.
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L’incendie en Gironde a déjà détruit 42 000 hectares. Ce feu monstre s'est stabilisé dans la soirée du dimanche 26 juillet, mais les conditions météo inquiètent à nouveau avec une remontée des températures et un vent mauvais dans les prochains jours. Cette relative accalmie permet aussi aux sinistrés de constater les dégâts.
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Sur la seule commune du Porge, la mairie compte au moins 175 maisons réduites à néant par les flammes. Le centre de la commune a été préservé, mais en se rapprochant de la forêt, c'est un paysage de désolation et de cendres qui s'étend. Le sol est encore fumant. Les maisons calcinées se comptent par dizaines et semblent avoir été dévorées de l'intérieur par les flammes. La toiture s'est effondrée. Il ne reste rien, à part les murs debout.
"Tout le quartier a brûlé, se désole Bernard. C'est un désert. On dirait que c'était la guerre." Ce charpentier de 65 ans est de retour au Porge, quelques jours après l'incendie pour constater les dégâts. Sa maison a pu être sauvée des flammes, mais il a perdu son lieu de travail. "L'atelier, les bureaux… Tout a brûlé, se lamente-t-il. Même la maison des voisins."
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Face à l'ampleur des dégâts, Bernard est en colère : "On est complètement sinistrés, abandonnés. Au départ, on est perdu, puis il faut réagir. Mais ça va durer des années, la reconstruction de tout". D'autant plus que selon lui le feu "aurait dû être contenu à Saumos et ne pas atteindre Le Porge". Il poursuit : "Il avait déjà pris une ampleur de folie à l'entrée du Porge. Rendez-vous compte de tous les dégâts qu'il y a partout".
Le jeudi 23 juillet, jour où les flammes ont gagné le Porge, reste gravé dans sa mémoire. "C'était l'horreur", lâche-t-il, se rappelant "des flammes de 10-15 mètres de haut" au-dessus de sa tête. "J'ai des collègues qui sont arrivés avec des petits bidons d'eau, parce qu'ils sont d'un courage inouï. Ils sont venus me sauver la maison le temps que les pompiers arrivent", relate-t-il.
Les soldats du feu sont désormais partis combattre le feu sur d'autres fronts. "Depuis le jeudi soir, ils sont tous partis au Cap Ferret", déplore Bernard. Toujours abasourdi par les évènements, il conclut : "C'est de la folie. Il y a de la colère. Je ne sais pas ce qui se passe."