// FRANCEINFO FAITS DIVERS — CRONACA
#OnVousRépond. Contre les incendies en Gironde et dans les Landes, pourquoi les pompiers ne peuvent-ils pas utiliser des moyens aériens la nuit ?
En visite à Bordeaux lundi, Emmanuel Macron a été alerté sur un manque : les avions et hélicoptères ne peuvent pas intervenir la nuit pour combattre les flammes.
Pour sauvegarder cet article, connectez-vous ou créez un compte franceinfo
"Les semaines à venir seront dures et on doit tenir." Emmanuel Macron s'est rendu à Bordeaux, lundi 27 juillet, pour rencontrer les pompiers et des élus de Gironde mobilisés pour gagner la bataille contre l'incendie qui a déjà ravagé plus de 42 000 hectares dans le département. Le président a appelé à "rester unis" et a assuré qu'il fallait continuer à "se battre".
Incendies : les dernières informations et le point sur la situation en direct
Il a échangé avec la préfète de région, Sophie Brocas, et Marc Vermeulen, directeur du Service départemental d'incendie et de secours (Sdis) de la Gironde. Après avoir abordé le chemin parcouru par l'incendie depuis son départ, à Saumos, mercredi, le chef de l'Etat a demandé au directeur du Sdis quels étaient les besoins matériels et humains sur le terrain. La réponse de Marc Vermeulen a été claire : il faut pouvoir utiliser les moyens aériens également la nuit. A ce jour, en France, les avions bombardiers d'eau ne sont en effet pas autorisés à voler une fois la nuit tombée. Pour quelle raison ? La question a été posée dans le live de franceinfo dans le cadre de l'opération #OnVousRépond.
La France a-t-elle des moyens anti-incendie "supérieurs à ses voisins" ?
Pour le lieutenant-colonel Jérôme Bonnafoux, porte-parole de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France interrogé par franceinfo, il est dangereux d'engager des avions bombardiers d'eau la nuit en raison d'un manque de visibilité lors de vols à basse altitude, mais aussi à cause d'appareils qui ne sont pas "modernisés". "Pourtant, le danger [de reprises de feu] est toujours présent la nuit, surtout avec ces conditions exceptionnelles où la sécheresse reste présente", a de son côté souligné le commandant Romain Alessandrini, officier coordinateur des moyens aériens, au "20 Heures" de France 2, lundi.
Jérôme Bonnafoux insiste : il faut des moyens au sol et aériens pour éteindre un feu, y compris la nuit. "Sachant que la technologie a évolué, (...) il faudrait former les pilotes pour qu'ils puissent piloter la nuit et équiper les engins, datant pour certains des années 1990, de nouvelles technologies comme de meilleures caméras pour optimiser les vols nocturnes", conclut-il.
Plusieurs pays dans le monde ont développé cette capacité de lutte aérienne en pleine nuit, principalement grâce à des hélicoptères équipés de vision nocturne. Aux Etats-Unis, la Californie a modernisé sa flotte en 2018 avec des hélicoptères, nommés "Firehawks", capables de larguer de l'eau dans la pénombre. Selon ABC, ces engins ont joué un rôle déterminant lors des incendies de Los Angeles en janvier 2025.
En Australie, l'Etat de Victoria a ouvert la voie aux vols nocturnes après les incendies de 2009. D'après le média britannique spécialisé en aviation RotorHub, ces incendies, qui avaient fait plus de 173 morts, ont poussé l'opérateur Coulson Aviation à développer une capacité de lutte la nuit grâce à des jumelles infrarouges. Le dispositif est désormais élargi à d'autres Etats australiens.