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Ce que cette étude annonce pour 676 millions de personnes avec la montée des températures devrait nous alerter
Un écart de plus de 136 °C entre les endroits les plus chauds et les plus froids de la Terre a de quoi sidérer. Mais derrière ce chiffre record, il y a surtout une leçon très utile : comprendre pourquoi certains lieux basculent dans l’extrême et ce que cela change pour nous.... Lire la suite
Face à des vagues de chaleur plus fréquentes et plus intenses, tous les pays ne disposent pas des mêmes moyens pour protéger leur population. Selon un nouveau rapport, le réchauffement climatique pourrait provoquer environ 430 000 décès supplémentaires par an d’ici 2050. Les pays les plus pauvres paieront de très loin le tribut le plus lourd.
Les vagues de chaleur gagnent en fréquence, en durée et en intensité sous l'effet du changement climatique. Pour y faire face, les habitants des pays les plus riches peuvent compter sur des logements mieux adaptés, des systèmes de santé plus solides et, surtout, un accès plus large à la climatisation. Ailleurs, les températures grimpent sans que les infrastructures électriques et les revenus permettent de s'adapter au même rythme. Un nouveau rapport du Climate Impact Lab met en lumière cette profonde inégalité.
Dans les pays riches, l'augmentation des températures devrait entraîner une forte progression de l'usage de la climatisation. La situation sera très différente dans les États les plus pauvres. Selon les projections, l'augmentation moyenne de la consommation d'électricité par habitant serait sept fois plus élevée dans les pays à revenu intermédiaire que dans les pays à faible revenu : 0,21 GJ contre seulement 0,03 GJ (gigajoules). Dans ces derniers, ce supplément annuel suffirait à peine à alimenter une ampoule LED pendant quatre mois.
« La climatisation est essentielle, et le changement climatique entraînera sans aucun doute une adoption accrue de la climatisation dans les pays riches d'aujourd'hui », souligne Michael Greenstone, cofondateur du Climate Impact Lab et professeur d'économie à l'université de Chicago. « Mais, dans trop de pays, les populations ne pourront pas réagir de la même manière. »
Les chercheurs ont ainsi identifié des zones situées dans 18 pays, où 676 millions de personnes seraient confrontées à la fois à une chaleur extrême et à un accès insuffisant à l'électricité. Principalement situées en Afrique subsaharienne et en Asie du Sud, ces régions pourraient enregistrer environ 377 000 décès supplémentaires par an d'ici 2050.
Le contraste est frappant entre des territoires soumis à des températures comparables. Les pays du Golfe, comme l'Arabie saoudite, le Koweït ou le Bahreïn, disposent des ressources nécessaires pour utiliser davantage la climatisation. Au Niger, l'augmentation prévue de la consommation d'électricité par habitant serait neuf fois plus faible qu'en Arabie saoudite. Le pays pourrait enregistrer près de 27 000 décès supplémentaires par an en 2050.
À l'échelle mondiale, environ 391 000 décès annuels supplémentaires surviendraient dans les pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire inférieur, contre 39 000 dans les pays plus riches. Ces deux groupes devraient pourtant représenter des parts comparables de la population mondiale.
Un écart de plus de 136 °C entre les endroits les plus chauds et les plus froids de la Terre a de quoi sidérer. Mais derrière ce chiffre record, il y a surtout une leçon très utile : comprendre pourquoi certains lieux basculent dans l’extrême et ce que cela change pour nous.... Lire la suite
Cette mortalité s'ajouterait à des problèmes de santé publique déjà importants, comme le paludisme, les maladies diarrhéiques ou la malnutrition. Elle pourrait aussi accentuer la pression sur des systèmes de santé aux moyens souvent limités.